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  « Productrice adjointe d'une émission de radio »

 

Mélanie CHALANDON – Productrice adjointe de l'émission Du Grain à Moudre sur France Culture

Le titre de mon poste à France Culture n'est pas toujours très évocateur. Je suis plus précisément en charge de la programmation du magazine d'actualité et de débat Du Grain à Moudre, animé par Hervé Gardette (du lundi au jeudi de 18h20 à 19h). Faire de la programmation c'est définir et problématiser des thèmes de débat et trouver des intervenants pour venir en discuter en direct. Ce travail ce fait en concertation avec le producteur et animateur de l'émission et le reste de l'équipe. Nous sommes quatre et formons une sorte de « mini rédaction » bien que nous ne soyons pas journalistes (au sens de diplômé d'une école reconnue par la profession). La plupart d'entre nous avons plutôt un parcours universitaire.

Je reçois le diplôme de Sciences-Po Grenoble en 2006, à l'issu d'un parcours en filière PES (Politique et Economie Sociale) et d'une 4e année en échange universitaire en Argentine.

C'est, après le bac, le refus de choisir entre économie, histoire, droit ou sociologie qui me pousse à tenter Sciences-Po mais aussi le besoin de trouver un enseignement à même de me donner des clefs de compréhension sur le fonctionnement de la société.

Intéressée par « la chose politique » sans pour autant avoir la vocation militante, je me suis assez tôt demandé quel métier me permettrai d'être à la fois dans l'action et l'observation. Par politique je n'entendais pas le jeu partisan, mais davantage l'organisation de la vie de la Cité. Un premier stage en 2003 auprès des assistants parlementaires du sénateur du Rhône m'enthousiasme beaucoup mais défait aussi mon illusion de travailler sur des dossiers en échappant au jeu politicien.

Je commence à réfléchir au journalisme d'autant que c'est durant mes années d'études à Grenoble que je découvre la radio en tant qu'auditrice. L'écoute quotidienne des émissions, revues de presses, journaux et chroniques devient un rituel indispensable qui, tout en faisant écho à ce que j'étudie en cours, me donne envie de savoir comment tout cela se prépare de l'autre côté du poste.

En 2004 je passe un mois en stage dans une radio locale associative. Un métier passionnant et très diversifié où les salariés assurent tout autant l'accueil, les reportages, l'animation ou l'administratif. Mais des postes très précaires dans un contexte tendu économiquement pour ces radios. Je trouve aussi les sujets trop cantonnés aux enjeux locaux. Je commence à penser à intégrer une radio nationale.

Projet que je mets entre parenthèses les années suivantes où je me laisse tenter par l'humanitaire après avoir participé à un projet de développement en Inde, puis par la recherche après un Master en sociologie des religions à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence.

Je décide finalement d'utiliser mon stage de fin de Master pour réaliser mon envie née quelques années plus tôt de découvrir le fonctionnement d'une radio d'envergure nationale. Auditrice des chaines du service public principalement, je postule à Inter et Culture où je suis prise dans l'émission Les Chemins de la Connaissance, de Jacques Munier, émission dédiée aux sciences humaines et sociales. Je découvre que la production d'une émission mobilise de nombreux métiers différents : producteur (animateur à l'antenne et chef d'équipe), attaché de production, collaborateur, réalisateur, technicien. L'organisation d'un direct implique toute une logistique que j'apprends à mettre en oeuvre.

J'enchaine avec un deuxième stage sur la grille d'été, et enfin, je suis embauchée le 1er janvier 2008 comme attachée de production. Je travaille pour l'émission La Fabrique de l'Histoire puis pour la matinale (6h30-9h) de Marc Voinchet où je vais rester cinq ans. Je passe progressivement de la gestion de la logistique à celle de la documentation (synthèses, revues de presse, fiches).

En 2012 je deviens productrice-adjointe de l'émission en charge de la programmation. La base de ce métier est d'assurer la veille de l'actualité (évènements, débat d'idées, parutions, prévisions, etc) à partir de laquelle je dois être force de proposition sur des sujets et des invités. Ce travail touche au coeur des enjeux éditoriaux de l'émission et de la chaine car nous ne pouvons pas traiter l'actualité seulement sous ses aspects factuels. A travers la formulation d'un sujet ou le choix des invités nous lui donnons un angle et une spécificité propre. Ces choix sont le fruit d'intenses discussions entre les membres de l'équipe mais aussi avec la direction de la chaine. Il faut néanmoins prendre des décisions rapidement, parfois du jour pour le lendemain quand l'actualité l'impose. Certains évènements nous amènent à nous déplacer en France et à l'étranger pour y réaliser la matinale en direct. Port-au-Prince, Jérusalem, Tunis, Johannesbourg, camps de réfugiés en Turquie à la frontière syrienne, ce dispositif hors les murs nous permet de saisir une réalité plus difficile à appréhender depuis Paris et surtout de donner la parole aux acteurs locaux. Recueillir des témoignages et identifier des intervenants dans ces contextes-là est plus difficile mais très enthousiasmant.

En 2013 je continue d'exercer le métier de programmation mais pour l'émission de débat Du Grain à Moudre. Tout comme la matinale, c'est un magazine d'actualité dont les sujets sont par nature très variés (politique, économie, international, société..). Une grande partie des intervenants sur France Culture sont des universitaires. Je reste donc attentive aux productions du monde de la recherche et à la façon dont il alimente le débat d'idées. J'assure aussi pour cette émission un focus sonore sous la forme d'un reportage ou d'une interview dont l'objectif est d'apporter une sorte de contre-point au débat du jour.

Enfin, depuis 2014 je me forme à la prise de parole à l'antenne. J'assure maintenant les remplacements du producteur de l'émission pour l'animation des débats en direct. Un métier à part entière que je commence à découvrir.

J'ai en tous les cas la chance, comme je le souhaitais au début de mes études, d'avoir trouvé un métier qui consiste principalement à observer le monde mais dans une observation active où je participe aussi à la production de sens.

Mélanie CHALANDON
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02/02/2015
      

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