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Sabine Saurugger présente le rapport de recherche

 

Le Rapport de la recherche de Sciences Po Grenoble, 2e édition. Entretien avec Sabine Saurugger, Professeur de science politique, Directrice de la recherche de Sciences Po Grenoble, réalisé par Chloé Bérut, doctorante en science politique, membre de la Commission scientifique

En décembre 2018, Sciences Po Grenoble publiait pour la seconde fois son rapport annuel de la recherche. Préparé par le service de la recherche, ce document a pour objectif d’apporter une meilleure visibilité des activités académiques de l’établissement qui ont eu lieu en 2017. Il inclut cette année les chercheurs CNRS et FNSP associés au laboratoire UMR PACTE, du fait de leur contribution à l’enseignement (en particulier des Masters) et au rayonnement de la recherche de Sciences Po Grenoble.

L’année 2017 a été particulièrement riche pour la recherche : toujours fondamentalement attachés à la pluridisciplinarité de l’établissement, les chercheurs et enseignants-chercheurs se sont vus attribuer des financements prestigieux – ERC, H2020, Cross Disciplinary Programmes (CDP) ou les Initiatives pour la Recherche Stratégique (IRS). Les publications ont été, comme déjà l’année précédente, nombreuses et particulièrement visibles au niveau international. Elles ont irrigué l’enseignement et les relations de Sciences Po Grenoble avec la cité, comme nous pouvons le voir à travers les interventions dans les médias, des contributions à The Conversation ou encore les nombreux échanges avec la société civile.

Les thèmes de recherche les plus présents en 2017 confirment à quel point la recherche menée à Sciences Po Grenoble est en lien avec les enjeux sociétaux contemporains. Ainsi, les travaux accordent une place centrale à des domaines très divers, comme la transformation des partis politiques français, les politiques sociales et de l’emploi, la création des marchés, le Big Data et la protection des données, l’Economie sociale et solidaire (ESS) ou encore les problématiques liées à l’intégration européenne et aux relations internationales.

Par ailleurs, la coopération de Sciences Po Grenoble avec son environnement local au sein de la COMUE et avec nos partenaires de l’Université Grenoble Alpes s’est poursuivie et a pris de l’ampleur. Le lien avec le local combiné à une ouverture forte vers l’international est l’une des caractéristiques de la recherche qui est menée à Sciences Po Grenoble et dans les trois laboratoires dont nous partageons la tutelle. Chloé Bérut, doctorante en science politique qui prépare une thèse sur l’e-santé et l’Union européenne interroge Sabine Saurugger, directrice de la recherche de Sciences Po Grenoble sur ce rapport.

Chloé Bérut : L’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble peut-il être considéré comme un pôle actif de la recherche, tant au niveau français qu’international ?

Sabine Saurugger : Pendant longtemps, les IEP étaient perçus comme des établissements de formation d’une élite administrative et économique, et non pas comme des lieux de recherche fondamentale. S’il était admis que les conseils et rapports des enseignants-chercheurs pouvaient être utiles pour les acteurs politiques dans l’exercice de leurs fonctions, la recherche fondamentale était réputée être l’apanage des centres de recherche liés aux universités. La recherche-action ou la recherche appliquée, au contraire étaient considerées comme un attribut ‘naturel’ des Institut d’Etudes politiques. Cette perception a été mise en question depuis les années 1980. Les laboratoires rattachés aux Institut d’Etudes politiques – et en particulier les deux anciens laboratoires de celui de Grenoble – le CERAT et le CIDSP – ont produit des recherches extrêmement pointues en politiques publiques, et ont commencé à être reconnus au delà des frontières françaises. Aujourd’hui, les trois laboratoires rattachés à Sciences Po Grenoble : Pacte Laboratoire de sciences sociales, dont nous assurons la tutelle avec le CNRS et l’Université Grenoble Alpes (UGA), le CERDAP² (Centre d'études et de recherche sur la diplomatie, l'administration publique et le politique) et le CESICE (Centre d'études sur la sécurité internationale et la coopération européenne) produisent une recherche qui est reconnue au niveau national et international, comme le montrent les invitations de nos enseignants-chercheurs et chercheurs à l’étranger (en Europe d’abord, suivi par l’Amérique du nord et l’Amérique du sud et le Moyen Orient) et le nombre de citations de leurs travaux.

Chloé Bérut : L’interdisciplinarité est au coeur de l’enseignement à Sciences Po Grenoble. Cette interdisciplinarité se retrouve-t-elle au niveau de la recherche ?

Sabine Saurugger : La particularité de ces laboratoires est clairement leur pluridisciplnarité. Elle reflète précisément le point fort de la recherche et de l’enseignement à Sciences Po Grenoble. Nous ne sommes pas un département disciplinaire mais un établissement pluridisciplinaire dans lequel les politistes, les juristes, les économistes, les sociologues, les historiens, les gestionnaires font de la recherche, afin de répondre, souvent de manière pluridisciplinaire, à des questions qui touchent à la gestion de l’Etat, de la société et de l’économie plus spécifiquement. Même s’ils ne font pas de la recherche pluridisciplinaire à tous les coups, il y a une grande reconnaissance des recherches des autres disciplines et une réelle volonté de communication.

Cette configuration permet à Sciences Po Grenoble d’être, en effet, un précurseur dans la coopération entre sciences sociales sur le site grenoblois, comme le montre le succès de nos enseignants-chercheurs et chercheurs dans l’obtention des appels d’offres IDEX mais aussi des appels nationaux ou européens. Les publications que l’on trouve dans le rapport de recherche 2017 montrent également à quel point les résultats de ces recherche sont reconnus au niveau national et international. En science politique, les travaux en sociologie politique, sur les partis politiques et les valeurs, ou en politiques publiques, sur les feedback loops entre opinion publique et politique publique ou la sociologie du droit sont élaborés en collaboration avec des sociologues ou des économistes.

Chloé Bérut : Plus généralement, comment se concrétisent les liens entre l’enseignement et la recherche à Sciences Po Grenoble ?

Sabine Saurugger : C’est une des caractéristiques clés à Sciences Po Grenoble. La coopération entre enseignement et recherche se fait par trois moyens. Au niveau le plus général, chaque enseignant-chercheur introduit les résultats de sa recherche dans son enseignement. Sciences Po Grenoble est un endroit particulièrement privilégié à cet égard, car la petite structure et la haute spécialisation des Masters permet d’offrir aux étudiants des enseignements des enseignants-chercheurs et chercheurs CNRS et FNSP spécialistes des thèmes qu’ils enseignent. Le lien qui est fait entre enseignement et recherche dans le contexte des Chaires thématiques tels que la Chaire sur l’Economie sociale et solidaire, dirigé par Amélie Artis illustre également cette interconnexion entre enseignement et recherche. Ensuite, les chercheurs CNRS et FNSP des laboratoires dont l’IEPG a la tutelle, plus spécifiquement PACTE, interviennent dans les Masters sur les thèmes de leur recherche. Des cours spécialisés sont également proposés en premier cycle sur des sujets en lien avec les préoccupations de recherche de Sciences Po Grenoble.

Enfin, la formation par et pour la recherche est particulièrement présente dans le Label Recherche, un parcours transversal, ouvert aux étudiants de tous les Masters à l’IEP. Cette formation propose des cours très avancés de méthodes en sciences sociales, aussi bien qualitatives que quantitatives et permet aux étudiants de se former et de se préparer aux doctorats, non seulement à Grenoble mais aussi ailleurs en France et à l’étranger. Ainsi, entre 2013 et 2017, les étudiants du label recherche représentaient deux foix 100% de la cohorte des doctorants retenus pour réaliser leur thèse au l’Institut universitaire européen (EUI). D’autres ont été recutés par des programmes de recherche à l’Université de Salzbourg, l’Université catholique de Louvain ou encore l’Université de Bâle. Ces beaux succès se voient également dans le très haut niveau de nos doctorants encadrés par les enseignants chercheurs et chercheurs en poste à l’IEP de Grenoble. Ce label de recherche a d’ailleurs été reconnu par le MESRI lors de sa dernière évaluation des Masters de tous les IEP de France comme un modèle dans le domaine de la formation de et par la recherche.

Chloé Berut : Quelles sont les grandes thématiques, domaines au coeur de la recherche à Sciences Po Grenoble ?

Sabine Saurugger : La recherche à Science Po Grenoble se divisie en cinq grandes thématiques : l’étude de l’administration, l’analyse des phénomènes politiques, l’analyse sociologique et l’étude de l’économie et du marketing. Ces grandes thématiques sont présentes dans plusieurs domaines spécifiques de recherche. Parmi les plus visibles on trouve les études sur la transformation de l’Etat, la police et la justice sociale, la sociologie des comportements et la sociologie électorale, les études européennes, des travaux sur les système politiques du Moyen Orient ou encore la sociologie des médias et des données.

Chloé Bérut : Les chercheur.e.s de Sciences Po Grenoble sont-ils également impliqués dans la diffusion de la recherche vers le grand public ?

Sabine Saurugger : C’est un élement très important de la recherche à Sciences Po Grenoble. Au-delà de la recherche fondamentale, les enseignant.e.s-chercheur.e.s et chercheur.e.s participent activement au débat de la cité. En d’autres termes, pour communiquer les résultats de leurs recherches ou pour susciter un débat, ils s’adressent non seulement à leurs collègues ou à leurs étudiants mais également aux citoyens en général. A travers l’animation de blogs, des interventions dans des manifestations ouvertes au public comme les tables rondes proposées par des associations ou les collectivités territoriales ou encore par la prise de parole et de plume dans les médias nationaux et internationaux, les collègues contribuent à diffuser la recherche plus largement. Ce rôle est particulièrement important pour les sciences sociales car à travers la diffusion de leurs résultats, les chercheur.e.s contribuent à montrer que le monde n’est pas binaire mais complexe. La publication des données sur lesquelles ces recherches ont pour objectif de mener à une discussion plus approfondie et plus pluraliste.

09/01/2019

Le Rapport 2017

 

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