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Cecil COULET (2016 PES), Policy Officer - European Affairs chez Equilibre des Energies à Paris

Bonjour, est-ce que tu peux te présenter et nous parler de ton parcours ?

Bonjour, je m’appelle Cecil, j’ai 28 ans et je suis en charge des affaires européennes depuis un peu plus d’un an chez Equilibre des Energies (EdEn), une association d’entreprises basée à Paris qui s’occupe de politique de l’énergie, du bâtiment et de la mobilité.

En ce qui concerne mes études, je suis arrivé à Sciences-Po Grenoble en 2e année de licence et j’y ai ensuite fait un master de gouvernance européenne. Après Sciences-Po, je suis parti en Angleterre, à Leeds, pour un master en un an de communication et relations publiques.

Peux-tu nous dire comment ton orientation professionnelle s’est dessinée et à partir de quand tu as su ce que tu voulais faire ?

Quand je suis arrivé à Sciences-Po, je n’avais vraiment pas d’idée précise sur ce que je voulais faire. J’avais un bon niveau d’anglais donc je me suis dit que ça serait bien de mettre cet atout à profit en m’orientant vers la politique européenne, mais mon projet n’était pas plus défini que ça.

Du coup, avec cette idée en tête, lorsque je suis arrivé en 2e année, j’ai décidé de prendre autant de cours en lien avec l’Europe que je le pouvais, et je me suis notamment inscrit au cours sur les groupes d’intérêt qui était donné à l’époque par Sabine Saurugger. C’est vraiment à partir de ce cours que j’ai commencé à m’intéresser à la représentation d’intérêt et à l’envisager comme un projet professionnel.

Cette idée - qui était quand même très vague au départ - s’est ensuite étoffée lorsqu’en 3e année j’ai décidé de faire mon mémoire de fin de licence sur les stratégies de représentation et d’influence dans le domaine de l’énergie. A partir de là, les choses ont progressé assez naturellement : j’ai rejoint le master gouvernance européenne et réalisé mes deux stages de master à Bruxelles dans des associations d’entreprises, en rapport avec le commerce international pour le premier, et avec le réseau électrique pour le second.

D’après toi, ces stages ont eu un rôle important dans ton processus d’orientation ?

Oui, ils ont même été déterminants. C’est vraiment après ces deux stages que j’ai pu passer du stade où j’imaginais imaginer quel genre de métier pourrait me plaire à celui où je pouvais vraiment me projeter dans l’activité que j’avais pu observer et à laquelle j’avais participé pendant plusieurs mois.

Je pense aussi que, pour le CV, avoir réalisé des stages dans l’activité que l’on compte développer à la sortie de ses études, c’est ce qui permet d’être plus facilement remarqué et contacté lorsque l’on candidate pour un poste. Ça permet aussi d’être plus solide au moment des entretiens.

Pourtant, après ton master à Sciences Po et tes deux stages, tu as préféré faire un autre master plutôt que de chercher directement du travail. Est-ce que tu avais le sentiment de devoir encore étoffer ton CV avant d’être prêt pour le marché de l’emploi ?

Non, je ne ressentais pas de nécessité absolue à faire ce 2e master. Je l’ai fait surtout pour avoir l’expérience de parler anglais tous les jours pendant une année entière.

Je suis très content d’avoir fait ce choix. Même si j’avais déjà un bon niveau d’anglais auparavant, j’hésitais à m’exprimer en public alors qu’après un an à Leeds, forcément, je ne me sens plus du tout intimidé à ce niveau-là. Et pour travailler à Bruxelles, ou en tout cas au contact des politiques européennes, être parfaitement à l’aise en anglais est vraiment essentiel.

Donc tu fais ce master en Angleterre et puis tu reviens en France pour chercher du travail. Comment ça s’est passé pour toi cette première recherche ?

J’ai cherché du travail pendant 7 mois avant de trouver un poste à Bruxelles. Je faisais tous les jours le tour des sites de recherche : Euractiv Jobs, EuroBrussels, Indeed, etc. Il y avait pas mal d’offres pour le genre de poste que je cherchais et j’arrivais donc assez facilement à faire entre 3 et 5 candidatures par semaine. Au niveau des entretiens, j’en faisais assez souvent également, environ un toutes les 2 semaines, mais, même si pour un certain nombre j’ai été rappelé pour la 2e étape de recrutement, au final ça ne se faisait pas.

Voyant que le temps passait, j’ai accepté un poste un peu différent de monitoring (veille législative) dans les secteurs de l’énergie, du climat et de l’environnement. Ce premier contrat était un contrat d’immersion professionnelle, une forme de CDD / stage rémunéré qui n’existe pas en France mais est très commun à Bruxelles.

Au final, même si la phase de recherche n’a pas été si longue, ça n’a pas été non plus l’arrivée dans le marché du travail sur un tapis rouge.
Personnellement, je m’attendais à ce qu’il faille batailler un peu pour commencer et je pense que c’est une bonne chose de commencer ses recherches d’emploi dans cet état d’esprit, en ne pensant pas que le pedigree Sciences Po va automatiquement ouvrir toutes les portes.

Et comment as-tu vécu cette première expérience ?

Comme je le disais, ce premier poste ne correspondait pas entièrement à mon projet de départ. En outre, il s’agissait d’un contrat assez précaire. C’est vrai que beaucoup de monde commence avec ce genre de contrat à Bruxelles mais le risque c’est de les enchaîner et de ne pas parvenir à passer le cap vers un CDI. Pour toutes ces raisons, je savais que je ne souhaitais pas rester à ce poste de façon prolongée.

Dans le même temps, j’ai bien conscience que cette première expérience m’est très utile dans mon activité actuelle. Mon travail repose en grande partie sur la capacité à trouver de l’information, à me tenir très précisément au courant des actualités des institutions et à avoir une vision globale de l’échiquier politique dans le secteur de l’énergie - des compétences que j’ai largement acquises grâce à ma première expérience et qui, finalement, m’auraient beaucoup manqué si j’étais arrivé directement à mon poste actuel.

Pour cette raison, je pense que les nouveaux diplômés, s’ils ne trouvent pas directement le poste idéal, ne doivent pas hésiter à faire une étape sur un poste qui n’est pas exactement celui qu’ils recherchent mais qui peut en être complémentaire. Cette complémentarité dans les compétences qu’ils auront acquises lors de ce premier poste sera une vraie valeur ajoutée par la suite.

Tu as donc enchaîné avec ton poste actuel dans une association d’entreprises liées au secteur de l’énergie. Comment as-tu trouvé cet emploi ?

Grâce au réseau Sciences Po Grenoble ! Un ami de master avait été stagiaire chez Equilibre des Energies à la sortie de ses études avant de s’orienter vers une carrière dans le public. Quand il a entendu qu’un poste s’était ouvert chez eux, il a pensé à moi et a proposé de me présenter. Cela fait maintenant pratiquement un an et demi que je travaille dans cette association.

Alors que je ne m’y attendais pas, je constate que beaucoup d’entreprises et d’associations cherchent à développer ce volet européen dans leur activité de représentation afin de ne plus être prises au dépourvu par les développements initiés à Bruxelles. Je pense que pour ceux qui cherchent un poste lié aux politiques européennes et à la représentation d’intérêt, la piste parisienne n’est pas à négliger.

C’est un très bon conseil pour les futurs diplômés. Justement, pour conclure, est-ce que tu peux nous dire quelles sont, d’après toi, les qualités ou compétences acquises à Sciences Po qui t’ont permis de te démarquer dans ta recherche d’emploi et qui te sont toujours utiles aujourd’hui dans ton travail ?

Je pense que Sciences Po permet de développer deux qualités en particulier qui sont très valorisées dans un travail comme le mien.

La première de ces qualités, personne n’en sera étonné je pense, c’est l’expérience acquise pendant les stages. Les stages sont une partie très importante du cursus de Sciences Po, ce qui n’est pas encore le cas dans beaucoup d’autres formations. Pour moi, le fait d’avoir pu tester l’activité et l’environnement de travail dans lequel je comptais évoluer par la suite m’a vraiment aidé à solidifier mon projet. Quand j’ai commencé à travailler, j’ai pu m’adapter à mes missions et faire ma place au sein de l’équipe bien plus rapidement que si j’avais découvert ce monde de but en blanc.

La deuxième qualité importante - et peut-être plus insoupçonnée - que Sciences Po permet de développer, c’est la facilité à écrire. Je pense que, le plus souvent, on ne valorise pas assez les qualités littéraires qui sont même parfois moquées comme étant détachées de la réalité des besoins des entreprises. Mon expérience m’a montré à quel point c'était au contraire un avantage rare que d’être capable d’écrire et de s’adapter à tous les styles et à tous les niveaux d’interlocuteurs.

Merci Cecil pour ces éléments sur ton parcours et pour ces conseils, j’espère qu’ils pourront être utiles à nos lecteurs !

Cecil COULET
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10/09/2020

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