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Ouvrage : L'Institut - Amour, ski et politique

 


Histoires, mémoires et espoirs s’entrechoquent avec brio sur sept décennies de défis et d’émotions.

L’Institut, c’est un recueil de nouvelles inédites décapantes, oniriques et joyeuses rédigées à la première personne par des écrivains qui ont « fait » Sciences Po Grenoble. On leur avait donné carte blanche pour raconter leur jeunesse étudiante, ils ont rédigé 18 épisodes drôles et improbables avec du sexe, des aventures et de la politique. Des frissons insoupçonnés de liberté, d’expériences et de beauté. Des personnages hauts en couleur. Des passions et des mystères insolubles. Des souvenirs d’amphis, des amitiés évanouies, des lectures marquantes…
Préface Alain Faure, Jean-Charles Froment et Ségolène Marbach

Extraits

Où le jeune homme se gâche par trop de facilités.
Des études d’excellence, de celles qui cousent sur votre épaule des galons honorables, je n’avais, à l’âge de dix-huit ans, qu’une idée très incertaine. Je savais qu’il existait de grandes écoles. Je le savais comme on connaît les îles Sandwich : sans pouvoir m’en faire une image (tropicales ? boréales ? annelées de mangrove ou feutrées de mousses ?) ni bien les situer sur la mappemonde. Cet écart du perçu au familier est le frein le plus sûr à l’ascension sociale. Les grandes écoles, on n’en parlait jamais à la maison. Ça n’entrait pas dans nos discussions, ni dans mes projections de l’avenir. Personne de ma famille ne s’était hissé à de telles altitudes scolaires. On m’aurait convaincu sans peine que Sciences-Po abrégeait « Sciences Poétiques », ou que l’École normale supérieure s’adressait aux sujets supérieurement normaux.
Olivier Bleys – Sciences poétiques

Paris, premier jour.
Pour changer de vie, il faut savoir tout quitter. Appartement, boulot, habitudes parisiennes, relations : enfermer les détails de son existence dans un coffre, le jeter dans la Seine et partir en regardant droit devant, l’espoir tourné vers l’horizon, hermétique aux sirènes d’autrefois. J’ai abandonné mes meubles dans un box du XIIIe arrondissement, largué mon deux-pièces place d’Italie, effacé le contenu de ma boîte mail avec un systématisme de bon élève. Le tout n’a pris qu’une demi-journée. Ma détermination n’a vacillé qu’au moment de choisir la destination. Dix ans que je travaille comme un acharné, renonçant aux soirées entre amis, sacrifiant mes vacances pour plancher sur les dossiers, connecté en permanence. Joyeux esclave du mobile, soldat de la servitude volontaire. Partir, pour aller où ? Je ne suis pas du genre à faire des plans sur la comète. Je n’ai jamais rêvé de plages sublimes ou de landes solitaires, jamais visité les villes antiques et les cités hautes. Procrastiner le plaisir, réussir d’abord : je remettais la détente à plus tard. J’imaginais avoir le temps. Je ne l’ai jamais pris. Italie, Portugal, Bali, les destinations touristiques étaient à exclure, trop éloignées de l’objectif : disparaître. Il convenait de choisir un pays où personne ne songerait à me chercher. Un refuge. « Désirez-vous boire quelque chose ? » L’hôtesse dépose un verre d’eau et un sachet de cacahuètes sur ma tablette. Son visage a gardé les rondeurs de l’enfance. Ses pommettes hautes, trop maquillées, remontent vers ses yeux lorsqu’elle sourit. Elle ressemble à Yon. Yon. Je l’ai rencontrée en quatrième à année, à l’Institut d’études politiques de Grenoble.
Marie Charrel – Matin calme


Réservation

16,50 €, frais de port inclus (envoi en France),
18,20 €, frais de port inclus (envoi en Europe),
20,30 €, frais de port inclus (envoi à l’étranger hors Europe),
jusqu’au 31 août 2018 (19,00 € après cette date - frais de port en sus)

 


 

 

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