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  « Toute une carrière chez CapGemini »

 

José BOURBOULON - IEP 1953

Peux-tu nous dire ce qui t’a amené à rentrer en 1950 dans le tout jeune Sciences Po Grenoble ?

Vers l’âge de 15-16 ans, je voulais être consul de France, pour y défendre les intérêts de nos concitoyens. Quelqu’un avait raconté à mes parents qu’il fallait pour cela faire l’ENA, alors située rue des Saints-Pères à Paris. Cette ambition explique la suite de mes études, qui ont abouti par deux fois (1954 et 1955) à mon salutaire échec au concours d’entrée de cette école. Salutaire car j’aurais certainement fait un très mauvais fonctionnaire, sans même évoquer la diplomatie... Néanmoins mon diplôme de l’IEP de Grenoble m’a beaucoup servi, même si je n’ai jamais vraiment osé dire « Sciences Po ».

A l’époque, place de Verdun, il y avait sur le côté nord le bâtiment majestueux qui abritait la Faculté des Lettres, la Faculté de Droit, l’Institut d’Études Commerciales et finalement l’Institut d’Etudes Politiques. Pendant trois ans, de 1950 à 1953, j’ai suivi simultanément une licence en droit et ma scolarité à l’Institut d’Études Politiques. En 1954, j’ai fait un D.E.S. de Droit Public et j’ai raté un D.E.S. d’allemand.


Peux-tu nous décrire ta scolarité à l’IEP, qui doit être bien différente de ce qu’ont vécu de nombreux diplômés et les étudiants actuels ?

Grâce à Mme Suard, responsable de la scolarité du 1er cycle à l’IEP, j’ai pu retracer et me souvenir de mes années à l’école, je tiens donc avant tout à la remercier pour sa gentillesse et son aide.
En 1950, Il n’y avait pas d’examen d’entrée, encore moins de concours. On était admis à l’IEP sur dossier. L’Institut fondé en 1948 n’avait que deux ans et il était alors dirigé par un professeur agrégé de droit, André Mathiot.

En première année, nous étions cinquante-quatre élèves, dont neuf étrangers et six stagiaires de l’ENA affectés pour ordre à l’I.E.P. Parmi les trente-neuf élèves français « ordinaires », il y avait huit filles. J’étais devenu ami avec Bernard Auvergne futur commissaire général à la marine, avec Guy Gilbert, Bruno Golléty, qui a fait ensuite carrière dans l’immobilier, Gilles Pagès, et Jacques Peronnet.

Au cours de ma scolarité à l’IEP, j’ai également rencontré de nombreuses personnes remarquables, qui ont ensuite eu des grandes carrières, variées. Je voudrais ainsi citer Mohamed Bedjaoui, devenu haut fonctionnaire algérien, puis membre de la Cour Internationale de Justice, Habib Bourguiba Junior, le fils aîné du Président de la Tunisie, Benoît Aubenas, entré dans la diplomatie européenne qui a été par la suite en poste à Lomé et aux Comores, Claude Heurteux, désormais spécialiste de l’immobilier d’entreprise et Michel Voelkel, commisaire général de la Marine.

Les sujets et les titres étudiés à l’époque sont assez similaires à ceux d’aujourd’hui…Même si le contenu et la pédagogie des enseignements a énormément évolué !
En parallèle de mes études à l’IEP, j’ai également suivi des cours de russe, une heure par semaine. Lire l’alphabet cyrillique et pouvoir tenir une conversation de base m’a beaucoup servi par la suite, lorsque en 1967, alors « Chef des Ventes Pays de l’Est », j’ai tenté de vendre des fours à pain Pavailler en Union Soviétique.

Après mes études à Sciences-Po Grenoble, j’ai passé le concours de l’ENA, une première fois en 1954, puis une deuxième fois en 1955. Comme je l’ai dit précédemment, j’ai échoué à chaque fois…Et heureusement !
Entre les deux concours, j’ai suivi à Sciences Po Paris une « quatrième année », aussi appelée « année préparatoire à l’ENA ». Je n’ai pas un grand souvenir de cette année, même si un détail m’avait beaucoup frappé : alors qu’à Grenoble on tutoyait les autres garçons, à Paris cela n’existait pas, tout le monde se vouvoyait ! J’avais trouvé cela très étrange.


Peux-tu nous retracer ton parcours, et ta carrière professionnelle ?

Après ma deuxième tentative à l’ENA, et avant même d’avoir le résultat, en novembre 1955, j’ai répondu à une unique petite annonce, publiée dans Le Monde.

Je croyais n’avoir aucun don pour une activité commerciale, je n’étais pas non plus « ingénieur en organisation », mais la Compagnie des Machines Bull m’a considéré comme diplômé d’une grande école et après quelques tests je suis entré chez Bull le 3 janvier 1956 comme « stagiaire commercial ».

Après six mois de formation commerciale à Paris j’ai été nommé « adjoint de secteur stagiaire » à Lyon puis en 1958 j’ai créé l’agence commerciale de Grenoble. En octobre 1961 j’ai reçu en renfort un « adjoint », en la personne de Serge Kampf, l’homme le plus complet et le plus remarquable que j’aie jamais connu. C’est pourquoi je n’ai pas hésité à le choisir comme patron en 1968, au sein de sa petite société anonyme SoGETI à la création de laquelle j’ai participé. Au fil du temps, cette petite entreprise est devenue la multinationale Capgemini avec ses 125 000 collaborateurs répartis sur les cinq continents.

J’ai quitté Capgemini à mon départ à la retraite, le 29 février 2000.


Tu as également participé à la vie de l’IEP en étant présent au Conseil d’Administration. Qu’en retiens-tu ?

En 1997, Henri Oberdorff, alors directeur de IEP, m’a contacté pour participer, en tant que « personnalité qualifiée » au Conseil d’Administration de l’école. J’ai démissionné 3 ans après, à mon départ à la retraite, ne me considérant plus « qualifié ».

Pendant ces trois années j’ai tenté de convaincre le Conseil et surtout son directeur et la responsable de la section « Eco-Fi » que les formations délivrées à l’IEP et aussi l’esprit de celui-ci, correspondaient exactement à une formation aux métiers du « consulting ». J’avais même soufflé à Oberdorff un possible slogan : « ni ingénieur ni commerçant, mais consultant ». Les anciens élèves des écoles d’ingénieurs ou de commerce prétendaient eux aussi devenir des « consultants », sans en avoir la formation.

Je me suis toujours revendiqué comme un diplômé de Sciences Po Grenoble, tout au long de ma carrière professionnelle et de ma vie personnelle, et je m’en suis toujours bien trouvé.

Longue vie à Sciences Po Grenoble et à ses diplômés !

Jos BOURBOULON

-> Pour en savoir plus sur la vie d'étudiant de José BOURBOULON à Sciences PO

José Bourboulon est décédé le 20 avril 2014.
A son épouse Sylvie et à sa famille toutes nos condoléances.

      

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