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  « Conseil en Management »

 

Pierre HERVE (SP 1987)

Quand on regarde votre profil sur les réseaux sociaux LinkedIn/Viadéo, on y trouve un parcours professionnel atypique. Pouvez-vous le synthétiser ?

J’ai en effet un parcours relativement atypique, aux yeux de mes interlocuteurs. Je préfère dire qu’il est marqué par le plaisir et la diversité.

J’ai d’abord été professeur de lettres pendant 3 ans, dans le nord de la France. Puis je suis entré en 1990 comme auditeur chez Deloitte, où je suis resté presque 10 ans. J’ai eu la chance tout au long de mon parcours chez Deloitte de pouvoir travailler pour des clients industriels et des clients bancaires, ce qui est impossible aujourd’hui, où on se spécialise très rapidement. J’y ai dirigé des missions passionnantes, audits financiers bien sûr, mais aussi conseil en PME et missions d’acquisitions de très gros groupes. Je me souviens notamment du Crédit Lyonnais et du Consortium de Réalisation, pour l’immensité de la tâche, le nombre d’équipes impliquées et la multitude de sujets à traiter de front.

Et après Deloitte ?

J’ai été recruté par un client, classiquement. Je suis devenu Secrétaire général de Natixis Private Equity, la branche armée de Natixis pour l’investissement en fonds propres dans les PME, et j’y suis resté 14 ans. La société était en plein développement et le métier du capital-investissement était encore jeune. Quand je suis entré il y avait 4 équipes d’investissement en France, 10 ans plus tard il y en avait 22, dont la moitié à l’étranger. Cela a été un période passionnante où le métier se professionnalisait en même temps que nous nous nous développions. Il fallait tout créer et inventer, participer à la création des nouvelles règles nationales, voire internationales, trouver le point d’ajustement entre le monde bancaire et notre métier…

Maintenant vous faites à nouveau du conseil ?

Oui, j’ai rejoint le réseau Wikane, qui a été créé dans la région puisqu’il est originaire d’Annecy. Je conseille sur Paris les dirigeants de PME qui veulent se développer, et je mets à leur service mon expérience propre de dirigeant et celle des nombreuses entreprises que j’ai vues en capital-investissement.

L’IEP Service Public ne semblait pas être la meilleure préparation aux fonctions que vous avez exercées. Pourquoi y êtes-vous rentré ?

Par hasard !
Après avoir obtenu un Bac scientifique, j’avais postulé pour des prépas scientifiques et littéraires. Je n’ai pas été pris en Math Sup mais j’ai été accepté en prépa Normale Sup au Lycée Champollion de Grenoble. A cette époque le seul concours existant était celui de l’Ecole Normale Supérieure, ce qui a bien changé aujourd’hui, heureusement. J’ai échoué au concours et avais envisagé de poursuivre en licence de lettres à Grenoble III.

En allant reconnaître les lieux sur le campus, je me suis aperçu que de l’autre côté du parvis, il y avait un bâtiment qui avait l’air sympathique. J’ai donc traversé, me suis renseigné et j’ai préparé en vitesse le concours d’accès direct en 2ème année. Je me souviens encore du sujet général qui portait sur la responsabilité des peuples dans le choix de leurs dirigeants : il y avait Leviathan de Hobbes, le contrat social de Rousseau et le discours de la servitude volontaire de La Boëtie.

Ça a marché et pendant deux ans j’ai fréquenté la fac de lettres et l’IEP en parallèle, en traversant le parvis !

Quel regard portez-vous sur votre cursus à Sciences Po Grenoble ?

J’ai eu un cursus raccourci puisque sur les 3 ans que durait l’IEP à l’époque, j’en ai fait 2. Mais j’en ai gardé le souvenir d’un vraie découverte, d’un foisonnement de matières et de parcours humains, d’une grande liberté de ton également, à la fois chez les professeurs et chez les étudiants, surtout par comparaison avec la fac de lettres dont je déplorais l’anonymat des grands amphis. Etant en SP, j’ai trouvé beaucoup d’intérêt à discuter avec les Ecofi, ce qui a piqué ma curiosité et m’a bien servi ensuite.

J’ai également eu la chance d’être pendant un an dans un groupe qui mélangeait des étudiants de 20 ans et des professionnels plus âgés, d’environ 40 ans, qui suivaient un cursus complet mais adapté à leurs obligations. Les conférences étaient en soirée jusqu’à 22/23 heures, ce qui me laissait du temps dans la journée pour le reste, et surtout j’ai beaucoup appris de ces étudiants bien plus expérimentés que nous. Je me souviens d’un d’entre eux surtout, il était prof de gym sur le campus et nous enfonçait par la richesse de sa réflexion.

Et après l’IEP, vous êtes devenu professeur ?!

Par hasard aussi. A l’époque, il était courant de faire soit une prép. ENA, soit de compléter la formation généraliste de Sciences Po Grenoble par une formation « professionnalisante ». Il se trouve que le temps passé à l’IEP m’amenait peu à peu à délaisser la carrière d’enseignant que j’avais envisagée. Mais j’avais quand même passé le CAPES par solidarité (!) avec mes camarades. Je l’ai réussi, et j’ai beaucoup hésité : y aller ou pas. J’ai décidé de relever le gant et me suis retrouvé en ZEP (zone à éduquer en priorité) très loin de mon sud natal…

Pourquoi avez-vous quitté l’enseignement ?

Ce métier est magnifique, qui consiste à former ceux qui seront notre avenir. Mais je l’ai exercé dans des conditions éprouvantes, avec peu de soutien pour le jeune prof inexpérimenté que j’étais. Et surtout j’ai vite compris que l’initiative n’était pas encouragée, voire blâmée si elle échouait. C’était trop contraire à ma façon d’agir et j’en suis parti au bout de trois ans.

Si j’ai pu entrer ensuite chez Deloitte, alors que je n’avais suivi pas le cursus requis, c’est aussi grâce à l’enseignement de Sciences Po Grenoble, notamment la faculté à avoir plusieurs approches différentes d’un même sujet, et l’ouverture d’esprit.

Pour finir, avez-vous un conseil à donner aux étudiants actuels ?

L’enseignement supérieur est tiraillé entre la spécialisation pour former des jeunes gens immédiatement « employables », et la formation générale pour permettre à ces mêmes jeunes gens de s’adapter tout au long de leur vie à un environnement professionnel qui – on le sait maintenant - changera constamment.

Avec les réformes de ces dernières années, l’IEP fournit une bonne synthèse entre ces deux pôles. La stimulation intellectuelle y est vive, les capacités d’analyse et de synthèse y sont développées, les stages sont montés en puissance, l’international arrive très tôt. Alors profitez de votre passage à Sciences Po Grenoble pour engranger autant que vous pouvez, Ne soyez pas des simples consommateurs, ce serait dommage au regard de ce qui vous est offert. Soyez acteurs, choisissez vos engagements, vous récolterez ce que vous y aurez mis.

Et travaillez votre réseau le plus tôt possible, c’est ce qui permet d’évoluer ou rebondir. Je regrette d’ailleurs que nous, les anciens, ne développions, et ne soutenions pas plus le réseau des anciens élèves. C’est un atout considérable que nous négligeons, alors qu’il est très utile aux autres écoles, HEC en tête, j’ai pu l’expérimenter !

Pierre HERVE
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26/08/2015
      

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