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  « Responsable Territoires et coordinations des déplacements »

 

Nicolas-Dominique BOUSSELIN (SP 1993), Responsable du service "Territoires et coordinations des déplacements" au Conseil Régional Rhône-Alpes.

Bonjour, pour démarrer, peux-tu succinctement nous présenter ton parcours depuis l’IEP ?

Après avoir fait mes deux ans en section service public à l’IEP (de 1993 à 1995), j’ai poursuivi par le DESS (Master 2 maintenant) Urbanisme et Aménagement de l’Institut d’Urbanisme de Grenoble.

J’ai ensuite débuté ma carrière professionnelle en commune et, après un an et demi d’activité, j’ai obtenu le concours d’attaché territorial. J’ai donc décidé de migrer en Haute-Normandie puisque j’ai trouvé un poste à la Région. Après un court passage au logement (en vertu de la clause de compétences générale) puis à l’aménagement du territoire, j’ai pris le parti de prendre un tournant plus technique : j’ai réussi le concours d’ingénieur territorial et j’ai muté en interne à la direction des transports juste avant la régionalisation des transports ferroviaires.

Après 9 ans et plusieurs postes occupés au sein de cette direction en pleine prise de compétences, j’ai décidé de changer de territoire et, de manière assez originale, de revenir en Rhône-Alpes. J’ai intégré la direction des transports comme encadrant d’une équipe travaillant sur des matières très techniques que je connaissais (billettique, information voyageurs et tarification) avant de prendre la tête du service « territoires » dans la même direction à la faveur d’une vaste réorganisation interne.

En somme, un parcours qui comprend peu d’employeurs différents, qui tourne autour du transport et de l’aménagement mais avec une certaine variété de postes ?

Oui, on peut résumer comme cela. Au fond, si le transport n’était pas du tout inscrit dans mes « gènes scolaires » au départ, l’aménagement l’était. J’ai débuté par ce que je maîtrisais le mieux puis je me suis tourné vers les transports, pas pour la matière en tant que telle mais pour l’intérêt que représentait à mes yeux la prise de compétences de la Région et la nécessité de tout construire.

J’aurais pu avoir un parcours différent en choisissant d’intervenir dans plusieurs niveaux de collectivités différents, là, je me suis limité à un an et demi en commune contre maintenant 17 ans en région. De fait, je n’ai jamais passé plus de quatre ans et demi sur le même poste et encore, dans ce dernier cas, c’était pour un projet.

Aménagement, transports, technique : quels rapports avec ce que tu as appris à l’IEP ?

Si on se réfère simplement à la matière, rien pour le transport. L’aménagement par contre, c’est l’objet indirect de mon mémoire de fin d’études de 3ème année (à l’époque la scolarité à l’IEP s’effectuait en 3 ans). La technique, c’est venu après même si, en fait, on en trouve partout.

Maintenant, si on analyse plus finement le fonctionnement du monde local, puisque j’ai fait toute ma carrière dans la territoriale, la section service public m’a ouvert les yeux et donné à travailler sur les jeux d’acteurs, au sens des différents intervenants dans le domaine public, en vertu des compétences qui leur sont conférées par la Loi et les règlements et/ou par délégation des collectivités. Cela renvoie directement à mes cours d’organisation administrative. C’est très vrai dans le transport où coexistent depuis plus de quinze ans maintenant pour les pionniers, trois niveaux de collectivités, sans compter les EPCI et les syndicats mixtes. De même, les cours relatifs aux politiques économiques servent à décoder des stratégies d’intervention. Et c’est encore plus fort depuis ces dernières années.

Et puis, j’ai apprécié l’ouverture d’esprit que demande l’IEP puisque elle donne envie de travailler sur des matières variées et aide à prendre du recul sur les évènements.

Enfin, je finis en ajoutant que les concours, administratifs comme techniques, font appel à la culture générale puisqu’on demande aux candidats de connaître leur domaine d’intervention mais également les collectivités, l’environnement territorial, d’ailleurs assez mouvant ces temps-ci.

Justement, les concours, tu peux nous en dire un peu plus sur l’apport de la section service public ?

J’ai passé et réussi trois concours : attaché, ingénieur, ingénieur en chef, en m’y reprenant d’ailleurs à deux fois pour les deux derniers.

Attaché est par essence le concours de la territoriale le plus logique juste après l’IEP (administrateur pour les plus forts). La section service public est tout indiquée pour le préparer mais elle n’a pas l’exclusive quand même. Ingénieur était possible, en externe, même avec un diplôme de l’IEP mais la voie est refermée pour l’instant. Idem pour ingénieur en chef.

Je dois reconnaître que j’ai du m’adapter aux modes de réflexion attendus pour les deux concours d‘ingénieur car les examinateurs leur donnent un rôle plus opérationnel. Et pourtant, la même question peut être posée dans un concours technique ou administratif. Par exemple, à l’oral d’ingénieur, j’ai eu « les collectivités et le développement économique ». Dans ce cadre, j’ai argumenté sur le rôle de la collectivité et l’ingénieur pour favoriser le développement économique (aménagement de zones d’activité, accompagnement sur le logement,…). Si j’avais été à attaché, naturellement, j’aurais parlé du cadre réglementaire et de ce que chaque collectivité peut faire en matière d’aides.

Pourquoi pas l’Etat ?

Ca, c’est la fibre qu’on développe en fonction de ses affinités propres. J’ai du respect pour mes collègues de l’Etat, que je vois souvent en réunion, mais je préfère les collectivités, sûrement pour leur côté plus réactif et que j’estime aussi plus innovant.

Ta relation avec tes collègues qui sont ingénieurs civils en transports ?

C’est vrai qu’il y a beaucoup d’ingénieurs dans le domaine des transports, lié en partie à la nécessité de se doter d’une expertise technique face aux ingénieurs de la SNCF (et de RFF depuis) lors de la mise en oeuvre de la régionalisation. Et c’est vrai que c’est un travail d’ingénieur que de produire, par exemple, un cadencement (schématiquement, le fait de ranger tous les trains par type d’usage des emprises ferrées pour optimiser l’usage des voies et du matériel roulant tout en donnant une certaine lisibilité des horaires pour les usagers).

Avec mon diplôme de l’IEP, je me sens plus appartenir aux sciences sociales. Mais comme souvent, la mixité a du bon : ainsi, pour reprendre l’exemple, le fait de cadencer donne de la lisibilité à l’usager mais il prendra le train si la qualité est au rendez-vous (horaires respectés, tarifs attractifs, information fiable…). Et ça, c’est plutôt un travail de sciences sociales.

En somme, à l’aune de ton expérience professionnelle, es-tu content de ton choix d’intégrer l’IEP ?

Oui, oui et oui. Je m’en félicite tous les jours. Parce que j’ai pu développer la palette technique aux côtés de mes apports théoriques plutôt de portée administrative, parce que ça m’aide vraiment dans le jeu d’acteurs, parce que ça m’aide à décoder mon environnement, à analyser.

Et pour finir, les collectivités et la fonction publique, un monde d’avenir ?

Vaste sujet, digne d’un concours non ? A mon sens oui, car les collectivités sont un acteur majeur de l’aménagement du territoire. Qu’on le veuille ou non, comme simple citoyen ou consommateur, nous sommes tous dépendants de choix d’aménagement, pour le logement, les services, l’emploi, les loisirs.

Même si le monde local est fortement incité à revoir ses modes de fonctionnement et son organisation en ces temps de disette financière, il reste un pilier, à la fois acteur des politiques publiques essentielles à la vie de chacun mais également régulateur des initiatives de chacun car il est in fine garant du vivre ensemble.

Quant à la fonction publique, elle est le cadre où se meuvent les hommes et les femmes qui font une bonne part de l’action publique. C’est comme ça. S’il me semble que le statut gagnerait à être dépoussiéré (c’est mon opinion personnelle) car il fige trop le système et ne permet pas vraiment la reconnaissance ponctuelle, il a le mérite de protéger sur des postes parfois exposés. Le statut ne fait pas tout, il doit s’accompagner d’une démarche proactive pour occuper les postes et assurer les missions passionnantes de l’action publique.

Nicolas-Dominique BOUSSELIN
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05/12/2014
      

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