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  « Un cadre du privé au service de l'Etat »

 

Diplômé de l'IEP de Grenoble en 1994, François Devoucoux du Buysson est aujourd'hui administrateur civil au ministère de la défense. Le troisième concours de l'ENA lui a permis de renouer avec sa vocation première pour le service public après un début de carrière dans la finance.

Bertrand CazesQuels souvenirs gardes-tu de Sciences-Po Grenoble ?

Les enseignements, très variés, m'ont beaucoup intéressé et j'ai appris à travailler de façon autonome tout en étant encadré. J'ai été profondément marqué par les cours et la personnalité du professeur Biays, qui dirigeait le séminaire de droit public économique, et dont je suis fier d'avoir été un disciple. Surtout, j'ai noué pendant ces trois années à Grenoble des amitiés fortes et durables.

Après l'IEP, comment t'es-tu retrouvé dans la finance internationale ?

En effet, ce n'était pas ma vocation première puisque j'avais choisi la section Service Public. Etant boursier, je souhaitais intégrer rapidement la vie active et je me suis inscrit en DESS à Paris-Dauphine car la formation incluait un stage en entreprise. Un peu par hasard, j'ai passé le concours d'inspecteur à la Société Générale et j'ai été reçu. Pour démarrer la tournée comme inspecteur, il fallait au préalable effectuer son service national et la Société Générale m'a envoyé pour seize mois dans son bureau de représentation de Santiago du Chili. Une expérience passionnante à tous points de vue !

Et ensuite ?

Après cinq ans à la Société Générale, j'ai complété mon expérience dans plusieurs institutions financières. Je me suis notamment spécialisé dans la lutte anti-blanchiment et la déontologie des activités financières qui devenaient des préoccupations majeures. J'évoluais alors dans un cadre international et je voyageais beaucoup, notamment en Amérique latine. J'ai fini par me stabiliser un peu en travaillant sept ans pour un groupe financier anglo-américain, Invesco, en tant que responsable Compliance à Paris.

Quelle mouche t'a alors piqué pour entrer à l'ENA ?

Bien sûr, il s'agissait en premier lieu de renouer avec mon ambition initiale de servir l'Etat. Je voulais surtout, je crois, rester généraliste alors que les métiers de la finance poussent au contraire à se spécialiser de plus en plus. Pour avoir fait un exposé sur ce sujet pendant ma première année à Grenoble, je me souvenais qu'il existait une voie d'accès à l'ENA pour les cadres du secteur privé. J'ai donc préparé le 3ème concours de l'ENA en parallèle de mes obligations professionnelles en m'inscrivant aux cours du soir et aux enseignements par correspondance de l'IGPDE.

Que retires-tu de ta scolarité à l'ENA ?

Ce fut pour moi une expérience très positive. L'ENA est très loin des clichés dont on l'afflige. Loin d'être formatés, la plupart des élèves ont une personnalité forte et savent très bien ce qui les a conduits à choisir « l'exercice de l'Etat ». J'ai été frappé par la grande diversité des parcours académiques et professionnels de mes petits camarades. En outre, la promo Jean-Jacques Rousseau comptait un grand nombre de provinciaux et de profils littéraires (j'y ai d'ailleurs retrouvé trois anciens de Sciences-Po Grenoble!). Sur le plan professionnel, j'ai eu la chance de faire des stages intéressants et très variés : 4 mois dans un lobby bruxellois, 5 mois à la préfecture du Cher et 3 mois chez ATD Quart-Monde. C'était un peu dur sur le plan familial -car je ne retrouvais ma femme et mes enfants que le week-end- mais c'était vraiment exaltant.

Que fais-tu maintenant ?

A la sortie de l'ENA, à la fin de 2011, j'ai été affecté au Ministère de la Défense. Je suis chef du bureau de la stratégie d'exportation à la Direction générale de l'armement (DGA). C'est un poste très intéressant car il me permet de rester dans la sphère internationale tout en étant connecté aux questions industrielles. Je suis très fier d'écrire « la France devrait... » lorsque je formule des propositions d'action mais j'apprends aussi l'humilité car le fonctionnement administratif implique de soumettre son travail à de nombreux avis et d'être attentif à ne pas outrepasser ses compétences.

Tu ne regrettes pas d'avoir quitté le privé pour le public ?

Non, c'est un choix assumé et réfléchi. Je trouve d'ailleurs que l'administration devrait davantage s'ouvrir aux professionnels du secteur privé. Je ne vois pas pourquoi le pantouflage serait à sens unique. La frontière entre public et privé est parfois ténue. Je crois sincèrement que les entreprises françaises ne sont pas seulement la propriété de leurs actionnaires et qu'elles représentent la France dans le monde. De la même façon, il est absurde de croire que l'Etat est un prédateur de l'économie productive alors qu'il agit souvent comme un entrepreneur et un investisseur. D'ailleurs, on l'oublie souvent, mais les pays émergents dont on vante le modèle économique ont souvent en commun un Etat stratège et des entreprises conquérantes. C'est le modèle français qu'appliquent le Chine, l'Inde et le Brésil !

Que fais-tu de ton temps libre ?

En ce moment, je profite d'abord de ma famille que je n'ai pas beaucoup vue pendant mes deux ans à l'ENA. Après plusieurs ouvrages de sociologie politique, je me suis aussi remis à écrire et je travaille sur un récit personnel en lien avec l'histoire de la participation française à la Guerre d'indépendance américaine. Un travail de longue haleine !
 

François DEVOUCOUX DU BUYSSON
francois.ddb@gmail.com


 

05/02/2013

      

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