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« Du journalisme à la com', s’adapter à un monde qui bouge »

 

Candice MOORS (PO 2000)

Rencontre avec l’ancienne rédactrice en chef de Po-Scriptum, le magazine des étudiants de l’IEP de la promo 2000 ! Journaliste pendant treize ans, elle est aujourd’hui responsable de la communication pour la caisse nationale de retraite complémentaire des artistes-auteurs.

Dans les tiroirs en bois du CIO de Calais, à côté du lycée, ne figurait pas de fiche métier pour « journaliste ». J’ai composé mon parcours : Hypokhâgne à Lille, IEP de Grenoble suivi d’une année de stages en presse nationale (France Soir, Cosmopolitan, Le Monde Interactif) puis intégration dans une des sept écoles (1) reconnues par la profession. Ce sera le CUEJ de Strasbourg, dont le positionnement me permet de travailler durant mes études au supplément culture des Dernières Nouvelles d’Alsace.

Pourquoi un IEP ?

Pour atteindre mon projet professionnel, même si j’aimais beaucoup étudier en prépa les romantiques allemands ou l’Histoire de la IIIe République, il m’importait de comprendre le monde qui nous entoure, de posséder des clefs pour décrypter l’actualité. Sur ce point, les cours dispensés à Grenoble ont largement répondu à mes attentes. Étudier en VO dans le texte les idées politiques de chercheurs vivants et non uniquement des auteurs morts, découvrir la géopolitique de pays du Moyen-Orient ou d’Europe centrale, en parler, échanger... J’ai adoré les cours de sociologie dispensés en conférence de méthode, aiguisant notre sens de l’analyse et de l’observation. Tous ces éléments m’ont servi pour préparer mes reportages à l’étranger et ceux au bout de la rue, éviter de commettre des impairs et en un mot : m’adapter.

Quitter le journalisme pour la communication, ce n’était pas prévu ?

J’ai en effet opéré un virage il y a un peu plus de deux ans. J’ai toujours exercé mon métier de journaliste avec exigence. Ce n’est pas un métier qui s’arrête quand on éteint l’ordinateur, ni le week-end : on est journaliste en permanence, quand on veut le faire bien. Je me suis également toujours attachée, durant mes années de rédactrice en chef, à maintenir un barrage très fort entre information et publicité. Mais devant la chute des abonnements, la baisse des entrées publicitaires, les nouveaux patrons qui s’engagent dans la presse sont prêts à tout… Pas moi. Je préfère travailler dans la com’ que de faire du journalisme qui n’en est pas, tant pis pour la carte de presse. Je ne me suis pas lassée du métier, des collègues, des lecteurs, mais du climat économique. Et puis, la fermeture de titres passionnants auxquels je collaborais en freelance depuis mes débuts, comme Terra Eco, m’a confirmé qu’il était temps de tester autre chose.

Une opportunité saisie au vol…

C’est une amie en presse sociale qui m’a mise en relation avec l’un de ses contacts qui cherchait un journaliste pour gérer en mode « crise » la com’ d’une caisse de retraite, empêtrée dans une réforme compliquée. A ce moment-là, je suivais un mooc en community management, dispensé par Rue89 et je venais de quitter la presse santé en profitant d’une (énième) clause de cession (2). J’ai aimé l’idée d’informer les artistes-auteurs sur la retraite, après avoir travaillé treize ans en presse culturelle, santé et sociale. J’y trouve presque un enchainement logique ! Au terme des six mois du CDD de chargée de com’ en temps partiel, on m’a proposé de devenir responsable de la communication de l’Ircec.

Quel regard portez-vous sur ce nouveau métier ?

J’ai eu la chance d’intégrer une équipe de direction ouverte d’esprit qui me laisse, et c’est indispensable, une importante marge de liberté. Tenter de rendre intelligible la thématique « retraite » au sein d’une entreprise en délégation de service public, en explorant tous les médias possibles (web, papier, vidéo, etc.), je trouve ça utile. Les motivations qui m’amènent à écrire pour informer les adhérents ne sont finalement pas si éloignées, dans l’esprit, de celles qui m’ont portée vers les métiers de la presse.
Alors, si je devais apporter un conseil aux étudiants qui se destinent au journalisme ou tout autre métier en tension (les métiers de la culture, notamment…), c’est bien évidemment de tout faire pour réaliser le métier de leurs rêves. A condition de se tenir toujours prêt à partir, découvrir d’autres univers. Le monde bouge et nous avec.


1) Le nombre de formations reconnues par la profession a doublé depuis 2000 : on en compte désormais 14…
2) Dispositif qui permet aux journalistes de ne pas suivre le nouvel acquéreur d’un titre de presse

Candice MOORS
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08/01/2018

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