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« De France Domaine à la modernisation
de l'action publique »

 

Daniel DUBOST (IEP 1984 SP).

De manière synthétique, quel est votre parcours professionnel ?

Je suis entré au ministère chargé de l’économie et des finances, et plus précisément à la direction du budget, en 1983 en tant qu’attaché d’administration centrale, et y ai occupé successivement plusieurs fonctions (environnement, urbanisme, logement, entreprises publiques…). En 1994, j’ai été intégré à l’Inspection Générale des Finances (IGF). Après la période de la « tournée » (succession de missions d’audit et de vérifications pendant quatre ans), j’ai occupé les fonctions d’adjoint au Chef du service de l’IGF. En 2000, j’ai pris la responsabilité d’une sous-direction à la direction générale des impôts chargée des problèmes budgétaires et financiers. Fin 2005, je suis devenu responsable des missions domaniales et j’ai créé le service France Domaine en 2007 dont on m’a confié la responsabilité afin de transformer lesdites missions.

Qu’est-ce que le service France Domaine ?

Le service France Domaine est le représentant de l’Etat-propriétaire, en ce qui concerne les biens immobiliers de l’Etat. Il est chargé de conduire la politique immobilière de l’Etat et sa création était concomitante de la volonté de dynamiser cette politique immobilière.

« Dynamiser », cela veut dire quoi ? Quelles sont les actions les plus significatives qu’a conduites France Domaine ?

Dynamiser, cela signifie que l’on passe d’une situation où le service du Domaine était le notaire de décisions prises par d’autres à une situation où il organise les actions immobilières de l’Etat, dans le sens de l’amélioration de l’efficacité de l’administration, de la réduction de son coût et du redressement des comptes publics. Historiquement, la première des actions a consisté à réaliser des opérations de cessions immobilières et de professionnaliser France Domaine à cette fin. C’est ainsi que de nombreux immeubles ont été cédés, soit parce qu’ils étaient devenus inutiles à la réalisation des missions, soit parce que leur coût d’opportunité et d’occupation était excessif. Là où il n’y avait jusque là quasiment aucune cession, la moyenne du produit des cessions s’est élevé à 500 M€ par an au cours de chacune de ces dernières années.

A quoi servent ces produits de cession ?

Une part est destinée au désendettement de l’Etat. Une seconde part est destinée à financer une politique immobilière permettant de réinstaller les administrations dans de meilleures conditions afin de favoriser les réformes qu’elles sont chargées de mener : regroupement des services déconcentrés de l’Etat en directions départementales interministérielles, création d’une direction régionale (et une seule) par ministère, regroupement des services des impôts et du Trésor public dans le cadre de la création de la Direction Générale des Finances Publiques, etc.

Vous êtes à la tête de France Domaine depuis l’origine. Entendez-vous y demeurer ?

Non. A l’issue d’un septennat – alors même que le septennat est passé de mode ! – j’ai quitté France Domaine et viens de prendre, depuis quelques mois, de nouvelles fonctions. Je suis désormais chargé de mettre en œuvre une politique de simplifications de nos process à la Direction générale des Finances Publiques (DGFiP). Cette volonté de simplifier nos process de travail s’inscrit dans le cadre plus général de la Modernisation de l’Action Publique, qui a pris le relais de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP).
Il s’agit d’accroître l’efficacité de nos administrations, d’améliorer la qualité du service rendu aux usagers comme les conditions de vie au travail des agents.

Avez-vous obtenu des premiers résultats ?

Nous veillons à ne pas faire entrer nos réformes dans un « effet-tunnel » mais au contraire à livrer chaque mois des mesures, peut-être modestes, mais effectives afin de provoquer un mouvement de simplification et de le crédibiliser.

Si vous aviez un conseil à donner à un jeune de Sciences Po Grenoble, que lui diriez-vous ?

La période de Sciences Po est maintenant trop éloignée pour moi pour donner des conseils pertinents sur les études. En revanche, je donnerais volontiers un conseil de comportement valable, je crois, sur la durée. C’est la qualité de votre travail pendant vos études et pendant votre vie professionnelle qui vous ouvrira des chemins qui vous paraîtront peut-êtrre aujourd’hui inaccessibles. Les diplômes-passeports pour accéder, une vie durant, à des fonctions éminentes, c’est fini, si cela a existé. Bien évidemment, les diplômes sont des atouts précieux pour bien s’engager dans la vie professionnelle, mais la réussite de cette dernière dépendra de vous, de vous seulement, de votre implication et de votre application. C’est d’ailleurs rassurant quant au fonctionnement de l’ascenseur social et de la reconnaissance du mérite.

Daniel DUBOST
Délégué aux simplifications
Direction Générale des Finances Publiques

mel : daniel.dubost@dgfip.finances.gouv.fr

26/02/2013

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