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  « Coach à la Sécurité Sociale »

 

Brigitte LALOUPE (1983 PS), Coach Interne Sécurité Sociale

De manière synthétique, quel est ton parcours scolaire et professionnel ?

Après un bac scientifique j'ai opté, au grand étonnement de mes professeurs, pour des études de psychologie. J'y ai passé 5 années, mais à l'époque, outre le peu de débouchés ceux-ci étaient surtout concentrés dans le domaine de la psychiatrie et de la maladie mentale, ce n'était pas ce que je souhaitais. J'étais arrivée, un peu par hasard à Grenoble, et là j'avais découvert que l'on pouvait étudier « la politique » ce que j'ignorais complètement. Sciences po n'avait pas la même renommée qu'aujourd'hui. J'ai donc décidé d'aller voir de ce côté.

Après quoi j'ai passé les concours. La notion de service public avait un sens pour moi, je souhaitais exercer un métier utile à la collectivité. J'en avais réussi plusieurs, j'ai choisi d'entrer à l'EN3S (école nationale supérieure de sécurité sociale) qui s'appelait alors le CNESSS.

C'est avec beaucoup d'enthousiasme que je suis rentrée à la sécurité sociale. Après l'école j'ai tout de suite intégré un poste de cadre manager dans une caisse primaire. J'étais très jeune et presque étonnée qu'on me confie aussi facilement une telle responsabilité. Par la suite j'ai bougé à plusieurs reprises jusqu'à devenir directrice d'une URSSAF.

Puis après avoir exercé un métier de gestion et de management, je sentais que j'avais envie de relations différentes avec les gens, débarrassées de liens hiérarchiques ou d'enjeux de pouvoir, de faire profiter d'autres personnes de mon expérience.

Je me suis alors formée au coaching avant d'aller voir les caisses nationales pour leur proposer de devenir coach interne.

Ce qu'elles ont accepté ! Cela va faire 5 ans que j'exerce ce métier.

C'est une démarche inhabituelle non ? Quelle est la cohérence derrière ce choix.

En fait, je me suis aperçue à ce moment là, que tout était cohérent. J'avais fait des études de psychologie, ce qui est quand même assez original parmi les anciens élèves de l'EN3S, et pendant 20 ans c'est quelque chose que je ne mettais pas du tout en avant, pourtant cela a probablement contribué à convaincre les caisses nationales : je voulais devenir coach, c'est inhabituel, mais mon diplôme de psychologie me rendait légitime et prouvait par ailleurs que ce n'était pas une lubie passagère.

Tu ne regrettes pas ce choix ?

Au contraire, j'adore le métier de coach et je me sens vraiment utile.

Et puis, rien n'est figé, je peux encore changer. La sécurité sociale est une grande institution, ce qui autorise, même si c'est quelquefois un peu compliqué, des parcours expérimentaux. Car si de plus en plus de grosses entreprises créent des postes de coachs internes, elles restent peu nombreuses et tout reste à construire, à théoriser même car la posture d'un coach interne présente quelques différences significatives avec celle des coachs externes.

Je considère plutôt que j'ai beaucoup de chance. Pendant 15 ans j'ai été directrice d'un organisme de sécurité sociale. C'est un métier dans lequel on ne s'ennuie jamais ! Un directeur d'organisme de sécurité sociale pilote sa caisse dans le respect des textes et des consignes émises par la caisse nationale et en accord avec son conseil d'administration mais sa marge d'autonomie reste assez importante, et ses responsabilités élevées. Il doit veiller en permanence au respect des budgets, à la bonne organisation de ses services, au climat social, aux conditions de travail des salariés, à la satisfaction des usagers, au maintien en état des locaux, au respect des lois etc..et tout cela pour une mission qui consiste à permettre aux gens de se faire soigner ou de disposer de revenus en adéquation avec leur situation.

Ensuite, quand j'ai eu envie de faire autre chose, cela a été possible et on m'a offert la possibilité d'exercer une activité très différente.

Que te reste-il de l'IEP ?

C'est bien loin désormais, mais cela reste une période importante. En plus d'y avoir rencontré des personnes qui sont aujourd'hui encore parmi mes meilleures amis, j'ai l'habitude de dire qu'à l'IEP j'ai appris à penser et à écrire.

Outre la découverte de nombreux auteurs, j'y ai croisé des professeurs qui m'ont appris à réfléchir (et sur ce point, si je peux le dire ici, le cours d'histoire des idées de Philippe Dujardin reste une référence inégalée pour moi) j'y ai pris des habitudes durables comme de lire quotidiennement la presse avec un regard critique, et surtout j'ai compris que notre vision du monde, notre façon de le comprendre était le résultat d'une construction sociale, que les idées avaient une histoire, une sociologie et qu'il fallait tenir compte de tout cela plutôt que de penser qu'il existait des vérités universelles. C'est une grille de lecture qui est permanente pour moi.

Sinon l'entrainement intensif aux exposés et rédactions de rapports ou dissertations de toute sorte m'a été très profitable. Cela m'a d'ailleurs permis de m'apercevoir du vrai plaisir que m'apportait l'écriture.

C'est pour cela que tu as écrit un livre et que tu tiens un blog assez connu sur le sujet de l'égalité hommes/femmes ?

Oui, certainement, depuis cette époque j'ai souvent contribué à des journaux qu'ils soient associatifs, municipaux, professionnels etc. et j'ai toujours sur moi un carnet...enfin maintenant c'est plutôt une tablette.

En 2008 j'ai ouvert un blog sur le thème de l'égalité hommes/femmes. C'était juste pour tester ce nouveau mode d'écriture et j'étais loin ce jour là de me douter de l'aventure dans laquelle je m'engageais. J'ai mis moins d'un an à atteindre le millier de lecteurs/jours et aujourd'hui encore, alors que je publie moins fréquemment, il conserve une bonne notoriété.

Cela m 'a permis de constater que mon propos intéressait beaucoup de gens et m'a encouragée dans un projet que j'avais de longue date : publier un livre sur le plafond de verre. A la confluence de ma double formation psychologie/sciences politiques, et aussi de ma propre expérience professionnelle il s'agit de décrypter les mécanismes psycho-sociaux qui font que l'on attend pas la même chose d'un homme ou d'une femme, et que ceux-ci vont la plupart du temps se conformer à ces attentes.

Brigitte LALOUPE (1983 PS)
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17/06/2013
      

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