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  « Chargée de communication »

 

Anne YZEBE ép. COLLIN (1995 PO)

Un petit exercice en guise d’introduction : quelle image vous vient spontanément quand vous lisez « communicant » ? Ou pire, « communicante » ? La mienne n’était pas positive et jusqu’à ce que je le devienne, « à l’insu de mon plein gré » ; j’aurais détesté l’idée d’être cataloguée « communicant ». Même aujourd’hui, j’ai encore un peu de mal à m’y faire ! Pourtant, dépouillé de toute posture, réduit à une définition basique (qui communique avec quelqu’un d’autre), deux fonctions (créer et diffuser des contenus) et peut-être trois ambitions (informer, sensibiliser, faire agir), oui, ça peut être un beau métier.

Quand j’étais à Sciences-Po, à Grenoble au début des années quatre-vingt-dix, je voulais devenir journaliste. Et je le suis devenue. Je voulais me spécialiser sur les banlieues et les cultures étrangères, explorer les angles de l‘hexagone, là où se serrent ceux qui sont là sans y avoir une place. Je pourrais me dire que j’étais née quelques années trop tard pour ça, que le journaliste de terrain avait déjà été mis à terre par le serial homme tronc, celui qui dégaine en deux heures sans bouger de son bureau trois interviews – la situation à Sarajevo, la rentrée des classes, le dernier livre de Machin – et deux analyses – le bilan de la conférence sur le climat et les conséquences de la nouvelle loi Bidule sur l’investissement immobilier- mais ce serait trop facile, d’autres plus jeunes ont réussi malgré tout à promener leur micro le long des ornières.

Nous étions certainement trop gâtés, si jeunes en termes de maturité et si vieux en termes de prétentions. Parce que nous étions à Sciences-Po et non à Sup de co, nous voulions croire que nous ne faisions pas d’illusions mais nous aussi, sans l’avouer, nous nous imaginions que le monde nous attendait parce que nous avions réussi des concours ! Plus tard, à ceux qui voulaient devenir journaliste, je ne donnais qu’un conseil : apprends à te passer de tout, de reconnaissance comme de viande. Bref, j’ai été journaliste radio dans des radios nationales pendant quelques années, chaque jour était différent du précédent et quelques rencontres pouvaient remotiver pour des mois. Certaines voix, quelques silences résonnent encore derrière le brouhaha d’une actualité insignifiante, chapelet de nombres et de dates, de noms et d’assertions.

La bifurcation vers la communication s’est présentée comme un paradoxe : et si c’était en tant que communicant que je pouvais finalement m’approcher davantage de mon ambition première, donner de la voix à ceux qu’on n’entend pas ? Première rencontre avec un directeur de communication, j’affirme qu’il est hors de question qu’on me dicte ce que j’écris, je vais écouter, observer, décrire et partager, il me répond que c’est parfait. C’est ainsi que je deviens chargée de communication à Médecins Sans Frontières. Et c’est ce métier qui m’a permis de participer à des actions d’urgence médicale internationale, de me lever le matin impatiente de me remettre au travail, un luxe. Bref, peu importe le métier pourvu qu’on ait l’ivresse.

Alors un petit exercice en guise de conclusion : et vous, à quoi voulez-vous contribuer ?

Anne YZEBE ép. COLLIN
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27/10/2016
      

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