ADSPO

 

 

 

« CHARGE DE RECHERCHE CNRS »

 

Kristoff TALIN, diplômé section politique, 1987

« Faire en tout temps ce qui motive le plus et ne jamais rester trop longtemps dans sa zone de confort. »

Quel est ton parcours ?

Je suis entré à Sciences Po Grenoble en septembre 1984. Parti pour trois à sciences Po Grenoble, j’y suis resté 18 ans. Fils de militant politique et passionné par ce domaine, suivre cette filière était dans la logique des choses. Et puis il y avait, déjà, les lettres de noblesse de l’institution… Je n’allais pas à la Fac, je faisais Sciences Po. Mon passé et mes envies me conduisaient donc « nécessairement » à suivre la section politique. La seconde année a été déterminante pour deux raisons :
• je faisais des études de philosophie en parallèle et j’avais donc les conférences de méthodes le samedi toute la journée avec des « troisième voie ». La rencontre avec ces étudiants plus âgés avec une plus grande maturité a été d’une grande richesse. J’ai d’ailleurs réalisé mon mémoire de fin d’études avec l’une d’entre-elles.
• les conférences le samedi avaient un rythme et un goût particulier. Le dialogue avec les enseignants était beaucoup plus facile… on avait tous du temps pour l’échange intellectuel et humain. J’ai su, cette année-là, que je voulais faire une thèse en comportement politique tout cela grâce à…

Faire un DEA d’études politiques et s’inscrire en doctorat allaient ainsi, pour moi, de soi. Il s’agissait, je crois, de finir quelque chose que j’avais initié durant le diplôme. Et puis, j’avais l’espoir d’en faire une profession. Certaines figures enseignantes de Sciences Po Grenoble m’avaient marqué. Mon doctorat soutenu en 1993, j’ai occupé différents postes temporaires dans l’enseignement et la recherche avant d’intégrer le CNRS comme chercheur en 1998. Membre du Centre d’Informatisation des Données Socio-Politiques (CIDSP) à Sciences Po Grenoble jusqu’en 2002, je l’ai quitté pour partir à Montréal en tant que Professeur invité à l’Université de Montréal jusqu’en 2010. De retour au Cnrs je suis basé, depuis cette date, au Clersé qui est un laboratoire interdisciplinaire de sociologie et d’économie.

Qu’est-ce que Sciences-Po Grenoble t’a apporté ?

Les apports de Sciences Po Grenoble sont multiples mais trois sont prévalent :
• la qualité et l’investissement de l’ensemble du corps enseignant, souvent disponibles et toujours prêt à investir pour un étudiant motivé ;
• la formation interdisciplinaire qui est un avantage réel dans des sociétés de plus en plus complexe où un simple regard disciplinaire ne suffit plus pour les appréhender. Concrètement cela se traduit par la capacité d’investir dans des domaines nouveaux et d’avoir assez rapidement les clefs pour être opérationnels et performants. C’est ainsi que je suis devenu sociologue et que j’ai enseigné la science politique pendant dix ans ;
• l’ouverture à l’international, qui en était à ses débuts dans les années 80, c’est aussi l’occasion de relativiser et de comprendre autrement sa propre société.

Quels souvenirs gardes-tu de Sciences Po Grenoble ?

Mes souvenirs de l’institution sont nombreux et bons. J’y ai connu des personnes qui, 34 ans plus tard, sont encore mes meilleures amies. Un autre souvenir tenace, c’est la possibilité de faire des études dans de très bonnes conditions. Les bibliothèques étaient excellentes, les groupes cours de taille raisonnable et les conférences de méthodes permettaient réellement – pour l’étudiante ou l’étudiant qui le souhaitait – d’approfondir ses connaissances et sa formation.
Dans ma trajectoire un peu particulière, Sciences Po Grenoble c’est aussi ses laboratoires de recherche et plus particulièrement le CIDSP qui m’a accueilli, hébergé et formé pendant toutes mes années de doctorat et de post doctorat. Sans cette unité de recherche, je ne serais pas devenu chercheur.

Justement, à propos de ta profession ?

Je suis chercheur au CNRS en sociologie. Cette affiliation - dans une discipline où je n’ai jamais étudié – porte le sceau de Sciences Po Grenoble. La pluridisciplinarité et la formation de l’esprit de synthèse m’ont permis de changer de champs de recherche. Longtemps sociologue de la religion mes intérêts professionnels ont évolué vers une sociologie des valeurs des individus dans une perspective comparée. Dans ma profession j’oscille entre des activités de recherche proprement dite et des activités d’encadrement de la recherche. J’aime aussi cette possibilité, offerte par mon métier, d’avoir une grande liberté et de pouvoir ouvrir de nouveaux chantiers de recherche.
Au fil des années, je suis de plus en plus attiré par la gestion d’équipes, le développement de projets internationaux et interdisciplinaires et de moins en moins par l’activité de recherche stricto sensu. Il ne serait donc pas étonnant que ma vie professionnelle s’oriente dans les prochaines années vers des responsabilités de gestion de la recherche.

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Sciences Po Grenoble, c’était hier et cette institution m’a formé pour faire en tout temps ce qui motive le plus et ne jamais rester trop longtemps dans sa zone de confort. Bref, être libre.

Kristoff TALIN
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18/10/18

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