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« Des R.H. à la production de truffes »

 

Damien FROMENT (1995 SP)
Trufficulteur

Damien, un portrait rapide !

44 ans, sans enfant. Après une enfance à Voiron (38) et des études grenobloises, j’ai vécu à Grenoble et alentours puis à Lyon. Je me suis installé dans la Drôme depuis 2009, en pointillés au départ et depuis 2013 de façon permanente, après le décès de mon compagnon. J’aime le ciné, la lecture, les balades, rénover et bricoler, jardiner, préparer et partager un repas, discuter aussi… je peux être bavard.

J’oubliais : Diplômé SP en 1995, j’ai complété ma formation par un DESS GRH puis après l’armée j’ai commencé à travailler au Crédit Agricole.

Quel a été ton parcours depuis l’IEP ?

Pendant 18 ans j’ai travaillé en ressources humaines, dans la banque pour mon premier poste puis dans l’industrie en région grenobloise et lyonnaise. J’ai gravi les échelons du métier et ces 10 dernières années j’étais responsable RH.

Après une première parenthèse de 2 ans comme marchand de biens immobiliers, j’ai finalement décidé de changer de cap professionnel et de me lancer comme agriculteur dans la production de truffes et de lavande.

Pourquoi un tel virage ? Les RH ne te plaisaient plus ?

C’est avant tout un choix de vie nouveau dans un coin de Drôme magnifique et où j’ai été très bien accueilli par des gens, puis des amis formidables. J’ai donc voulu vivre au Pays de la Roanne et de St-Nazaire Le Désert.

C’est aussi l’opportunité de renouer avec mes racines familiales agricoles et de partager avec mon beau-frère sa passion pour la trufficulture.

C’est également un moyen de passer à autre chose car je trouve que les RH sont devenues un métier compliqué dans un fort contexte de judiciarisation du monde du travail et ou finalement la liberté d’agir devient très limitée entre règlementations et décisions du corporate.

C’est un pari risqué, quels sont tes atouts pour réussir ?

Tout d’abord je suis passionné par ce nouvel engagement professionnel. J’ai suivi un an de formation agricole au CFPPA de Nyons et j’ai pu bénéficier d’un tutorat sur l’exploitation d’un trufficulteur. Cette étape m’a permis de poser tous les préalables à mon installation agricole. La SAFER m’a ensuite accompagné pour la reprise d’une exploitation et mes amis agriculteurs m’épaulent dans la prise en main de la ferme. Ces atouts sont précieux.

Ensuite je base mon travail sur le respect du client et la transparence : conduite en bio de l’exploitation, transformation à la ferme des produits, origines Drôme sur les achats complémentaires de truffes et enfin vente directe aux clients.

De plus, je m’appuie sur mon réseau professionnel RH pour mettre en place des commandes groupées avec les comités d’entreprises et ainsi permettre d’économiser les frais de port et proposer aux entreprises mes produits pour des cadeaux clients par exemple. Mon principal circuit de vente est la boutique internet avec un acheminement par Colissimo ou Chronopost.

Concrètement, en quoi consiste ton nouveau travail ?

Ma priorité est de planter 900 chênes truffiers chaque automne pendant 4 ans, pour assurer mes futures récoltes de truffes. En même temps je vais rénover la truffière naturelle pour améliorer sa production. Au printemps je ferai mes plantations de lavande pour renouveler les plantations vieillissantes. L’hiver sera consacré au cavage des truffes avec mon chien et l’été à la coupe et à la distillation des lavandes.

Vous pouvez regarder le détail de ses opérations sur mon site : www.latelier-des-truffes.com, onglet "ferme de Pourcier".

Tu parles de vente… que vends-tu et ces produits viennent-ils de ta ferme ?

Mon stage agricole m’a permis de faire mes premières conserves avec des truffes achetées l’hiver dernier dans le Diois et la Drôme provençale, avec l’aide de mon tuteur. A ce moment-là je n’étais pas encore installé à St-Nazaire Le Désert. J’ai stérilisé ces truffes en première ébullition et je vends des conserves de truffes entières de 25 ou 50 grammes, 70g en morceaux et des truffes extra au poids de 65 à 85g.

Je transforme aussi de l’huile d’olives AOP de Nyons et du sel de Camargue à la truffe. Après de nombreux essais j’ai mis au point ces deux procédés de fabrication et constitué mon stock pour assurer le lancement de mon exploitation cet hiver. 100% des produits que je vends sont donc transformés à la ferme (celle de mes parents l’hiver dernier) et je peux donc garantir leur origine locale (seul le sel n’est pas Drômois), leur recette et leur qualité.

Tes emballages ressemblent à ceux des conserveries industrielles… qu’est-ce qui te différencie ?

J’ai choisi un positionnement haut de gamme sur le marché de la conserve de truffe. C’est un choix qui m’a conduit à passer du temps pour créer une identité cohérente, de belles étiquettes, un site internet… (www.latelier-des-truffes.com) correspondant aux exigences de ma clientèle cible. Le marketing de « L’Atelier des Truffes » est proche de celui des industriels de la profession.

Par contre, mes produits n’ont rien d’industriels, tant dans leur origine comme expliqué précédemment que dans leur transformation fermière. Je m’explique : généralement un industriel stérilise les truffes une première fois en gros volume, puis extrait le jus de truffe vendu séparément aux restaurateurs, pour les reconditionner ensuite en petites vérines stérilisées à nouveau avant d’être vendues aux particuliers. Lisez bien les étiquettes : si la mention « première ébullition » n’apparait pas, alors vous achetez probablement une truffe cuite deux fois, donc avec une saveur et des arômes peu significatifs.

La « ferme de Pourcier » garantit des conserves de truffes de « première ébullition », récoltées à maturité et sérieusement triées et sélectionnées. L’huile d’Olives AOP Nyons est un produit extra, additionné de truffe noire (Tuber Mélanosporum) vous bénéficiez donc d’un produit « extra plus » et non pas d’une huile bas de gamme améliorée avec des truffes recyclées. Faîtes le test et comparez vous-même la qualité gustative ! Au-delà du marketing vous constaterez « le plus » d’un vrai produit fermier transformé artisanalement.


Damien FROMENT
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24/10/2017

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