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Pascale HENNINOT (1975 PS)

Quel a été votre parcours universitaire ?

J’ai suivi le cursus Politique et Social et en deuxième année, j’ai eu la chance d’intégrer la sous-section « politique », une expérience inoubliable !

Je garde un souvenir extraordinaire de cette période à Sciences Po Grenoble. Nous avions de grands professeurs, certains d’entre eux étaient des « turbos profs » car ils vivaient à Paris où ilsenseignaient et se déplaçaient chaquesemaine à Grenoble. Il n’y avait pas de TGV à l’époque. Je crois que certains enseignants (Grenoblois ou Parisiens) étaient de la trempe de John Keating dans le « Cercle des poètes disparus », étant donné ce qu’ils m’ont apporté !

Après Sciences Po Grenoble, qu’avez-vous fait ?

Je voulais être journaliste.
Je suis allée frapper à la porte de France 3 Rhône Alpes et quelques jours plus tard on m’a proposé un poste de pigiste à la radio, c’est ainsi que j’ai commencé.

Ensuite on m’a proposé un CDD de 3 mois à France 3 Lorraine… j’y suis restée 11ans. Je me suis bien intégrée dans cette région rude et attachante.Il faut dire que le jour de mon arrivée, Raymond Barre, alors 1erministre, a annoncé le 1er plan acier, 20 000 licenciements dans la sidérurgie… Un « tsunami » dirait-on aujourd’hui.

Ont suivi, la fermeture des mines de fer et de charbon, l’effondrement de l’empire textile Boussac dans les Vosges, bref un bouleversement industriel considérableavec son accompagnement de luttes ouvrières, de destruction du tissu économique et socialet également de tentatives de reconversion. En tant que journaliste couvrant l’économie, la politique et la société, j’ai vécu une aventure journalistique à la fois riche et éprouvante.

Ensuite, 1er changement de voie, j’ai rejoint une filiale du Groupe Lyonnaise des Eaux spécialisée dans la construction des réseaux câblés. Après le contenu, la télévision, je suis passée auxtuyaux, le véhicule de la télévision !

J’ai donc travaillé au lancement des réseaux câblés en France avec les premiers essais d’internet et de téléphonie via le câble, en un mot les NTIC, et ce, pour différents câblo-opérateurs en tant que Directeur commercial et clientèle.

A la suite de fusions-acquisitions dans ce secteur, j’ai de nouveau décidé de changer de voie et j’ai créé ma propre structure de conseil.

Je me suis spécialisée dans l’organisation et le management.

Depuis quelques années, je suis « manager de transition », nouveau métier en plein essor qui permet à une entreprise de faire la soudure lors d’une réorganisation en profondeur ou pendant le temps nécessaire à la réflexion sur un changement important d’orientation, comme par exemple une évolution de gouvernance.

Ce métier me permet d’intervenir dans différents secteurs d’activité en apportant un regard extérieur indépendant, non soumis à une pression de carrière.

J’interviens auprès d’un Président, d’un CA ou d’un DG. Le plus souvent je remplace un cadre de direction absent et ma mission consiste à faire « tourner la boutique » de manière très opérationnelle, de recruter ou de participer au recrutement de mon successeur, de l’accompagner. J’ai ainsi eu des missions de Directeur opérationnel, Directeur général par intérim, DRH à temps partagé.

Il y a encore quelques années, le manageur de transition était perçu comme un « tueur » qui arrivait dans une société pour faire le ménage, mais désormais c’est plus un poste d’accompagnement du changement. Pour ma part, il y a une grande composante RH dans les missions qui me sont confiées et comme j’ai toujours aimé travailler avec des équipes et les faire grandir, cela me plaît beaucoup.

Que vous a apporté votre cursus à Science Po Grenoble ?

Une formation unique qui m’a permis de changer de voie, d’être à l’écoute, de rester curieuse du monde tel qu’il va, et de rebondir à chaque fois que j’ai eu envie de faire autre chose.

On me dit parfois que j’ai un parcours atypique, voire que je suis atypique… Certes mon parcours n’est pas linéaire et dans un monde très formaté comme l’est hélas encore trop à mon avis en France aujourd’hui, parfois ça dérange. Mais justement à Sciences Po Grenoble, j’ai appris à ne pas rester immobile, et à « monter dans le train qui passe », la destination peut même changer en cours de route, ce n’est pas ça qui est important, ce qui l’est c’est d’être en mouvement.

Avez-vous des centres d’intérêts particuliers, des passions, des projets ?

Je suis Business Angel. C’est-à-dire que j’investis un peu de mon argent personnel pour aider des jeunes entreprises à démarrer, mais pas seulement, je m’investis au Comité Stratégique pour aider les créateurs qui ne peuvent pas s’offrir les prestations d’un consultant. C’est une activité que me plait énormément. Cela nécessite de la disponibilité et… pas mal de prise de risques.

Je suis également bénévole car j’estime qu’il est important de transmettre ce qui nous a été donné ou que nous avons eu la chance de pouvoir acquérir. J’interviens dans des associations à dominante sociale et qui font avancer les valeurs de tolérance et de fraternité.

J’aime voyager. Que ce soit à pied et sac au dos en Asie du Sud-Est, en Harley Davidson à travers les USA, en Catamaran (mer de Chine méridionale), en France et en Europe, me promener, aller à la rencontre d’autres frères humains.

En plus de la lecture, j’ai toujours eu une passion pour la musique sans hélas jouer moi-même d’un instrument, alors j’écoute les autres, tous les autres.

Par ailleurs, j’aime les arts et les artistes et je viens de créer une nouvelle structure (janvier 2016) pour accompagner des artistes plasticiens ou musiciens, je prépare ainsi la dernière partie de ma vie… professionnelle.

Pascale HENNINOT
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24/05/2016

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