Robin FAUCONET (2024 IMAP - Parcours EUROPE GE), Bluebook Trainee - European Commission
J’ai 24 ans et je suis originaire de Savoie. J’ai rejoint
Sciences Po en 2019, juste après mon bac ES. Je fais donc partie
de la dernière cohorte d’étudiants avant l’arrivée
de Parcoursup.
Mes trois premières années à Sciences Po ont été un moment riche d’apprentissages et de rencontres que je recommande à tous. On entend trop souvent parler de "Sciences Pipo", que les élèves ne sont pas préparés ou que tout est trop facile. Je ne suis pas d’accord avec ce constat. Avec le recul, le Bachelor de Sciences Po m’a permis de développer des compétences qui continuent de me servir aujourd’hui. La nécessité de s’adapter à un nouveau projet de groupe, alors que l’on a déjà quatre autres exposés et papers sur le feu. Faire des dizaines de présentations jusqu’à ce que cela devienne une banalité. Être capable d’écrire une dizaine de pages de raisonnement en anglais et en français sur un sujet complexe que l’on a découvert la veille. Autant de compétences que la "méthode" Sciences Po enseigne à ses élèves à leur insu et qui représentent pourtant, à mes yeux, la clé du succès de cette école. Une méthode qui, sans le dire, ressemble beaucoup au monde du travail et développe l’esprit critique.
De mon côté, après avoir passé un Erasmus "covidé" à Milan, obtenu une double licence en économie grâce au partenariat de Sciences Po avec l’UGA, et vécu des moments inoubliables avec mes amis au JISPO, je suis arrivé à la fin de ma troisième année avec une idée en tête : travailler dans le secteur des politiques publiques.Il me restait cependant à faire un choix concernant l’échelle de gouvernance à laquelle j’allais travailler. Après une longue discussion avec une de mes professeures, j’ai choisi de m’orienter vers les questions européennes dans le Master Gouvernance Européenne, dirigé par Sabine Saurugger et Fabien Terpan, où j’ai passé deux années magnifiques.
Les principales forces de ce master sont la diversité des cours offerts et sa dimension professionnalisante. Le master prépare ses élèves admirablement bien, avec plus de quatre-vingt-dix pour cent des cours dispensés en anglais par des professeurs venus spécialement pour nous faire découvrir les arcanes de l’UE. En plus, des workshops organisés par des professionnels permettent aux étudiants d’avoir une meilleure idée du fonctionnement concret de Bruxelles et des opportunités qui existent à travers différents exercices.
En parallèle, chaque année, le master donne l’opportunité à ses étudiants de faire un stage long, pouvant aller jusqu’à six mois. Cela m’a permis d’accumuler rapidement de l’expérience professionnelle, d’abord à Kantar Public en évaluation de politiques publiques, puis à l’OCDE, pour un total d’un an passé en stage. Cette spécificité est une vraie force pour le marché européen, qui nécessite souvent plusieurs stages avant de trouver une situation stable.
Bien que le master GE soit déjà une formation de qualité, dès le début de ma formation, j’avais déjà en tête l’après Sciences Po. Une des nombreuses possibilités qui s’offraient à moi était le Collège d’Europe. Cette institution post-graduate, créée juste avant les années 1950 pour former les futurs fonctionnaires européens, est aujourd’hui une école reconnue dans la sphère européenne. Un grand nombre de personnes travaillant à Bruxelles et dans les ministères se sont un jour assises sur les bancs d’un des deux campus historiques de l’école, à Bruges ou Natolin. Tous ont vécu des expériences qui se répètent promotion après promotion, forgeant des liens inoubliables.
Le Collège est une expérience unique que je recommande à tous les étudiants qui souhaitent travailler dans les affaires européennes. Il offre à la fois un melting-pot culturel où l’on se fait des amis pour la vie venus de partout dans l’UE, et des opportunités académiques et professionnelles comme nulle part ailleurs. En rejoignant le master de politique européenne, ou POL, à Bruges, qui se concentre sur le fonctionnement global de l’Union et de ses institutions, j’ai fait le choix d’approfondir mes compétences et de développer une solide expertise reconnue. Il existe par ailleurs trois autres options de master en droit, économie et affaires internationales sur le campus de Bruges. Bien que la formation soit rigoureuse et exigeante, avec des partiels et un mémoire à réaliser en même temps que tous vos rendus de cours, elle vous récompense par la valeur de vôtre diplôme et la qualité de l’enseignement.
Mais le plus important au Collège, c’est tout ce qui se passe en dehors des salles de classe. Il existe des dizaines de sociétés étudiantes sportives, culturelles et politiques. Vous aurez la chance d’organiser des événements avec des invités passionnants. Par exemple, pendant mon année, il y a eu plus d’une centaine de conférences, tables rondes et événements organisés par les élèves, qui ont réussi à faire venir des Commissaires et autres figures clés du paysage européen. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai trouvé mon stage Blue Book auprès du Commissaire européen à la culture, la jeunesse et le sport, Glenn Micallef, en participant au BRIEF, le think tank du Collège d’Europe.
Pour conclure, que ce soit Sciences Po Grenoble ou le
Collège d’Europe, chaque étape de mon parcours académique
m’a aidé à grandir et à me spécialiser
dans un sujet qui me passionne. Je ne peux que remercier les professeurs
et amis que j’ai rencontrés tout au long de mon périple,
et j’espère que vous pourrez en faire autant pour le vôtre.
Robin FAUCONET
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14/07/2025










































































































































































































































































































































































































































































































































