Nathalie SEMON (2017 - Master DPC), Chargée du Développement et des Partenariats Culturels chez Arte France.
Sciences Po Grenoble comme pierre à l’édifice
dans un parcours de vie atypique
Nathalie Semon, étudiante en formation continue dans le master DPC en 2017 à Sciences Po Grenoble, possède un parcours de vie atypique, dans lequel sa formation à science po Grenoble lui a permis d’ajouter une pierre à l’édifice, d’expertiser son profil. J’ai eu la chance de pouvoir en savoir plus sur son métier et sur ce que sa formation au sein du master DPC a pu lui apporter.
Quel est votre parcours de vie ?
J’ai un parcours de vie singulier, atypique, qui a pris beaucoup de détours. Suite à des études littéraires franco-allemandes inachevées, j’ai eu la chance de trouver du travail à Arte dès sa création en 1992. Etant donné que j’étais quasiment bilingue grâce à ma formation universitaire, la chaîne a été très intéressée par mon profil du fait de l’importance de la collaboration franco-allemande à l’époque de la création de la chaîne.
À mon arrivée, j’ai travaillé dans beaucoup de domaines différents et j’ai été formée sur le tas : si j’ai travaillé dans l’unité de programme “soirées thématiques”, j’ai touché à tout : recherche documentaire, réécriture de texte, recherche d’invités, puis plus tard production audiovisuelle et cinématographique.
Ensuite, j’ai développé une activité autour des festivals au moment de leur pleine expansion. Arte a été moteur de la relance du documentaire, et a développé de nombreuses passerelles avec les festivals. J’ai donc pu travailler dans la connexion avec les acteurs culturels à travers leur développement.
Suite à cette expérience j’ai été promue à mon poste actuel, qui est la délégation aux actions culturelles d’Arte.
Mon parcours, je l’ai construit de toutes pièces, j’ai eu la chance d’arriver à un moment d'effervescence où tout pouvait se construire, j’ai notamment eu l’opportunité de créer la première charte de sous-titres franco-allemands.
En quoi consiste votre travail comme chargée du développement et des partenariats culturels chez Arte ?
Si j’ai d’abord eu le rôle de faire
d’Arte plus qu’un diffuseur mais aussi un acteur de la cité
au plus proche du public sur le terrain à travers le contact avec
les artistes et les festivals, aujourd’hui la chaîne est une
plateforme culturelle européenne, ce qui fait que mon poste évolue
avec la chaîne et son projet. Le domaine de l’action culturelle
est riche car on peut travailler avec toutes les productions artistiques.
Aujourd’hui, mon poste consiste beaucoup plus à mettre en
résonance les programmes, parfois malheureusement au détriment
des plus petits acteurs. Nous nous adaptons à la mutation du monde
culturel, qui a pris un tournant après le Covid avec le développement
du numérique.
Qu’en est il de votre formation à Sciences Po Grenoble ? Comment avez-vous décidé de reprendre vos études
au sein du Master de Direction de Projets Culturels de l’école ?
Sciences Po Grenoble jouissant d’une très bonne réputation pour son Master de Direction de Projets Culturels, j’ai envisagé de suivre ce parcours dès 2003. Mais ce n’est que lors d’un moment de questionnement sur l’évolution de mon poste, que j’ai décidé que cette formation pouvait avoir une valeur clé dans la définition et l’expertise de mon profil. Ce master m’a permis d’ouvrir un peu plus le champ des possibles. Comme je l’ai déjà expliqué, j’avais déjà repéré la formation depuis un moment, et le fait de pouvoir l’effectuer en formation continue, c'est-à-dire en continuant à être salariée à côté, m'a permis de m’inscrire dans la promotion de 2017. Un moment clé qui m’a confirmé l’idée de me former en politiques culturelles est le discours d’Augustin Girard, fondateur de l’Observatoire des Politiques Culturelles, qui m’a beaucoup inspirée. Étant issue de la pédagogie Freinet, qui valorise beaucoup le travail, je m'étais retrouvée dans ses mots et sa vision des politiques culturelles.
Vous avez eu l’occasion de faire un mémoire lors de ce Master sous la direction de Philippe Tellier, pouvez-vous m’en parler rapidement ?
Mon mémoire s’intitule “La co-construction des politiques culturelles en région, enjeu de représentations : Une étude comparée des concertations Culture dans les régions Pays de La Loire et Hauts-de-France”. J’ai profité de pouvoir étudier les politiques culturelles pour me concentrer sur les régions, pour lesquelles j’ai toujours eu une grande fascination, ayant connu leur création lors de mes 20 ans. Je me suis concentrée sur l’idée de la concertation et l’instrumentation de l’action publique, qui est un enjeu que j’ai découvert durant ma formation.
Avez-vous suivi d’autres formations suite à votre parcours à Sciences Po Grenoble ?
J’ai fait de nombreuses autres formations, dont une des plus importantes est un certificat français de fundraising auprès de l’Essec afin d’avoir une expertise en recherche de financements privés.
Un conseil pour les étudiants actuels de Sciences Po Grenoble ?
Allez dans le sens des choses qui vous passionnent le
plus, c'est ce qui va révéler ce qui vous anime, ce que
vous êtes. Prenez le risque de faire ce que vous aimez, même
si au final ça ne marche pas, vous l’aurez quand même
tenté.
Interview réalisé par Inès
SAADA, étudiante
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02/05/2025










































































































































































































































































































































































































































































































































