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« CEO D’UNE STARTUP DANS LES EDTECH- HUMAN STATION »

 

Matthieu MOUILLON (2007 SP – Master II en droit économie gestion UPMF Master et droit public Paris I)
Entrepreneur

J’ai rejoint l’IEPG en 2002, après avoir passé à l’époque le Tri concours et être arrivé 71 ème sur 600.

Le concours en histoire portait sur les après-guerres. J’avais comparé la gestion politique de la mémoire collective en m’inspirant de Pierre Nora et en analysant le rôle des mythes collectifs. J’ai eu 16/20 à ma grande surprise ce qui je crois était la meilleure note.

Je retiens de cette période une extraordinaire vitalité, un sens affirmé de la fête et un goût pour les idées. Nous débattions sans cesse.

Mon 1er exposé portait sur l’Internationale d’Eugène Pottier et Pierre Degeyter. Depuis la fin de mes études j’ai toujours travaillé comme prestataire de service dans le Conseil puis en tant qu’entrepreneur. Un paradoxe qui en dit long sur la liberté de pensée de Sciences Po Grenoble.

Mon meilleur souvenir ? J’ai rencontré une jeune femme irlandaise pendant son année d’Erasmus à l’IEP et j’ai eu la chance de la rejoindre grâce à Sciences Po, l’année suivante, au prestigieux Trinity College de Dublin.
A mon retour j’obtenais 104/120 au TOEFL IBT. Ce qui n’aurait pas été possible sans l’IEP.

Ce que je retiens de Sciences Po Grenoble c’est cette immense ambition. Cette foi dans l’avenir. La certitude que tout est possible.

De fait j’ai pu réaliser un mémoire sur la réforme de l’administration qui m’a permis de côtoyer Didier Migaud ! A l’issue de l’IEP j’ai été retenu pour un stage à la commission européenne et un autre au secrétariat général du Conseil de l’Union que présidait à l’époque la France. J’ai eu en même temps une proposition dans un lobby en santé à deux pas de la Sorbonne. Et la même année j’étais reçu sur concours en Prépa ENA à Normale Sup’-Paris I tandis que le Recteur de Nanterre m’acceptait sur dérogation spéciale en Master de Droit des affaires.

Je suis entré en Prépa ENA et cela a été mes deux plus riches années sur le plan intellectuel, mais à part la création d’entreprise bien sûr ! Mais aussi un bon investissement affectif puisque j’ai rencontré à l’issue ma femme, Bérengère par des amis communs.

Au-delà du talent personnel, j’ai aussi découvert que le temps et la culture jouent un poids considérable dans les parcours et trajectoires de carrières.

Il est important pour les étudiants et les jeunes diplômés d’être en contact avec les anciens pour comprendre le fonctionnement des organisations auxquelles ils se destinent. Chacune a son propre logiciel. Il est important d’interviewer de nombreux anciens diplômés et de consigner les interviews. Les portraits de l’IEP ne sont pas une coquetterie, mais un outil efficace pour tâter le terrain, prendre des contacts, identifier les phases clés d’un parcours.

L’enjeu d’une grande école et de son réseau est de permettre à chacun de comprendre les codes, postures et soft skills qui sont le reflet d’une organisation ; de ses règles du jeu.

Ce qui m’a plu à Grenoble c’est une approche disruptive de la formation, très libre qui encourageait l’autoformation. Quelque chose que j’ai réalisé pendant toute ma carrière par la suite.

Ce qui m’a déçu à l’époque : le sentiment en tant qu’étudiant d’être coupé des anciens. Alors qu’il ne faut pas hésiter à nous appeler !

L’IEP m’a également permis de dépasser des appréhensions : partir à l’étranger, rédiger un ouvrage d’une centaine de pages, tenter l’ENA… J’ai toujours continué par la suite à écrire des articles ou des ouvrages collectifs en particulier à travers le think tank Cartes sur table, France Stratégie, le Lab RH etc. Je travaille d’ailleurs actuellement à la rédaction d’un ouvrage collectif sur le futur des ressources humaines.

Enfin j’ai gardé à l’esprit un IEP un brin romantique. Sans doute est-ce lié au passé résistant de Grenoble pendant la guerre ? En tous les cas c’est un IEP avec des valeurs fortes qui fait que les étudiants les plus opposés pendant leur scolarité se retrouveront par la suite avec plaisir.

Après plusieurs admissibilités aux concours, administrateur des affaires maritimes, administrateur de l’EN3S et cadre de direction de la banque de France, je n’ai pas eu le concours que je souhaitais (l’ENA) et je suis parti dans le secteur privé dans une agence de création de marque. J’ai découvert la gestion d’une TPE, les études qualitatives, la communication, la création de marque.

J’ai par la suite décidé d’entrer au département secteur public du cabinet CSC pour accompagner un programme de transformation au sein de la protection sociale. Il s‘agissait de l’ISU (l’Interlocuteur Social Unique), un guichet unique qui rapprochait le RSI et l’UNEDIC afin de gérer les relations avec les assurés, chefs d’entreprises et indépendants. De fil en aiguille j’ai travaillé près de 10 ans dans le Conseil chez Arthur Hunt, Manpower Group Solutions et BearingPoint en ressources humaines, management des organisations et stratégie. Au cours de ces années j’ai participé à plus de 60 missions dans à peu près tous les secteurs, tous les types d’entreprises et toutes les régions de France.

J’ai par exemple mené deux Plans de Sauvegarde de l’Emploi dans l’industrie dont l’un chez Essity que je pilotais. J’ai accompagné des centaines de salariés pour retrouver un emploi ou créer leur entreprise. J’ai travaillé pour des missions dans le secteur public à l’hôpital, dans le parapublic et pour différentes associations du secteur médicosocial (APEI, hôpitaux de jour, CMP, EPAD).

J’ai fusionné des intercommunalités dans le cadre de missions stratégiques menées chez Manpower et participé au Strategic Workforce Planning d’AXAGS une filiale digitale de AXA. Une forme avancée de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences.

J’ai enfin mis en œuvre avec BearingPoint, le RGPD pour BMW France et travaillé sur la stratégie des talents de la Poste.

Puis j’ai choisi de créer ma startup dans les Edtech afin d’accompagner la transformation digitale dans les entreprises.

Nous proposons une approche digitale et innovante fondée sur la pratique pour se former à des métiers porteur :
- HR Business Partner
- Entrepreneur
- Datascientist
- Expert en machine Learning
- Référent Handicap
- Délégué à la Protection des Données
- Responsable de Marketing Digital
- Gestionnaire de paie

L’approche est gamifiée grâce à des badges, la mesure des résultats, comme sur une application de gym ! Et chaque emploi est connecté à une démarche de recherche d’emploi.

Nous créons également des cours sur mesure pour les entreprises et proposons notre plateforme Saas en marque blanche. Un sacré défi car je ne sais pas coder. Mais je me suis entouré des meilleurs et j’ai pu me former aux métiers de l’UX et de l’UI.

J’ai eu la chance inouïe de réussir à créer mon entreprise du 1er coup et nous avons formé l’année dernière 1 300 personnes dont 700 managers chez Otis. Une aventure hors norme d’autant que naissait au même moment Arthur mon petit garçon. La plus grande réussite de ma vie.

Repères :
1984 : Naissance à Paris
2000 : Bac ES, mention AB
2001 : Hypokhâgne au lycée Jeanne d’Albret
2002 : Entrée à Sciences Po Spécialisation en SP
2005 : Arrivée à Dublin
2007 : M2 Economie Droit gestion
2008 – 2010 : Prépa ENA – M2 droit public
2010 : Agence de création de marque
2011 : Début de ma carrière dans le Conseil
2018 : Création de Human Station


Matthieu MOUILLON
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14/04/2020

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