Aurore LEGOY (2024 - CPI)
Qu’est-ce qui a nourri votre curiosité dès
l’enfance ?
Au fond de la vallée de l’Arve, au pied du Mont-Blanc, je
rêvais enfant de grandir vite pour partir loin, rencontrer de nouvelles
personnes, découvrir d’autres habitudes, d’autres manières
d’être et de penser. Connaître le monde et ceux qui
l’habitent était une obsession. Pour patienter, j’ai
commencé par lire, lire beaucoup, les « classiques »,
mais aussi des ouvrages d’actualité, des essais donnant à
voir les idées des penseurs qui façonnent notre société.
Depuis ma Haute-Savoie natale, je me suis également nourrie de
films et de reportages, de cinéma d’auteur et de cinéma
étranger. J’avais à cœur de « faire ma
culture », mais aussi de m’évader.
Comment vos études ont-elles renforcé
cette ouverture sur le monde ?
Je ne me rendais pas encore compte que je me préparais déjà
à la suite. Cette suite a commencé à Grenoble, lorsque
j’ai intégré la classe préparatoire littéraire
du lycée Champollion, en hypokhâgne puis en khâgne.
Ces années ont été fondatrices. Elles m’ont
permis de développer des capacités solides d’analyse,
de synthèse et de structuration méthodologique, tout en
approfondissant ma culture générale et mon ouverture sur
le monde.
Quelles ont été vos premières
expériences universitaires après la prépa ?
À l’issue de ce parcours marqué par l’interdisciplinarité,
avec une focale sur les humanités, j’ai souhaité poursuivre
dans un domaine proche, mais davantage ancré dans les enjeux contemporains.
J’ai ainsi intégré une licence 3 de sciences humaines
appliquées, au cours de laquelle j’ai suivi des enseignements
en macro-économie, en droit public mais aussi en philosophie du
genre, en histoire du travail, etc., et où j’ai participé
à un projet tutoré répondant à une commande
publique menée sur l’ensemble de l’année universitaire
portant sur la dynamisation de la monnaie locale grenobloise.
Pourquoi avoir choisi Sciences Po Grenoble et
ce double master ?
Déjà sensible à la dimension interdisciplinaire et
à l’exigence académique de Sciences Po Grenoble, j’ai
intégré l’IEP en septembre 2021, en rejoignant le
double master Communication Politique et Institutionnelle. Ce parcours
particulièrement professionnalisant, proposant deux stages de six
mois, m’a permis d’entrer rapidement au cœur de l’action
publique et institutionnelle. Issue d’une formation littéraire,
la communication m’est apparue comme un levier fondamental à
développer : les meilleures idées n’ont d’impact
que si elles sont portées, comprises et partagées avec justesse.
Pouvez-vous nous parler de vos premières
expériences professionnelles ?
J’ai effectué un premier stage au sein de l’agence
de conseil en stratégie de communication citoyenne Cito, à
Paris. J’y ai accompagné des acteurs publics de premier plan
tels que le Conseil constitutionnel, l’ADEME ou l’Université
Paris Cité, ainsi que des associations engagées sur des
sujets d’intérêt général, comme l’Association
française des véloroutes et voies vertes (AF3V) ou le Centre
Ressources Autisme Île-de-France. Cette expérience m’a
permis de faire mes premières armes dans l’accompagnement
stratégique de projets concernant les politiques publiques et les
citoyens.
Quelles expériences internationales ont
marqué votre parcours ?
Curieuse de vivre une expérience à l’international,
jusque-là freinée par le contexte sanitaire, et désireuse
d’approfondir ma maîtrise de l’espagnol afin de renforcer
la dimension internationale de mon profil, j’ai choisi de consacrer
une année de césure à la découverte du monde
hispanophone. J’ai également souhaité explorer des
initiatives citoyennes porteuses d’innovation sociale et environnementale.
J’ai d’abord réalisé un volontariat du Corps
européen de solidarité dans un centre d’éducation
à la permaculture en Espagne, puis un volontariat international
au Pérou au sein d’un projet d’écotourisme.
Inspirée par ces expériences, vécues comme de véritables
oasis d’innovation, j’ai consacré mon mémoire
de fin d’études aux écolieux, envisagés comme
un mouvement social capable d’inspirer et de nourrir la société.
Comment vos expériences internationales
ont-elles enrichi votre compréhension du secteur public ?
De retour à Sciences Po pour terminer mon master, j’ai souhaité
découvrir le fonctionnement de la haute administration française
à l’étranger. J’ai ainsi effectué un
stage au consulat général de France à Madagascar.
Cette expérience très enrichissante m’a permis de
comprendre les relations entre la France et l’« ailleurs »
depuis le terrain, notamment à travers les enjeux liés à
l’état civil, à la nationalité et aux aspects
législatifs. Elle a également été marquante
par les échanges avec les acteurs institutionnels français
comme avec les professionnels du monde associatif et de la coopération
internationale, me permettant une compréhension plus fine du maillage
institutionnel et associatif qu’il existe dans un pays anciennement
colonisé par la France, et des formes contemporaines de coopération.
Avez-vous également travaillé
dans le secteur privé ?
Avant mon départ pour Madagascar, j’ai souhaité compléter
un parcours jusqu’alors majoritairement tourné vers le secteur
public et associatif par une immersion dans le monde de l’entreprise.
J’ai ainsi effectué un stage de six mois à la direction
de la communication de VINCI Airports. À la croisée des
fonctions de chargée de communication et d’assistante de
cabinet, ce poste, au plus près de la direction générale,
m’a permis d’assumer des responsabilités importantes,
et ainsi de gagner en maturité professionnelle.
Comment votre parcours vous a conduit vers la
coopération internationale locale ?
Par la suite, diplôme en poche et dans la continuité de mon
expérience à Madagascar, j’ai souhaité revenir
à Grenoble avec l’objectif de m’investir dans la coopération
internationale depuis l’échelon local. J’ai ainsi débuté
un service civique en mission partagée entre le Pôle de Solidarité
Internationale (PSI) de Grenoble et l’association Engagé·e·s
et Déterminé·e·s. Mes missions s’articulaient
à la fois autour de l’accompagnement de jeunes dans leurs
projets de solidarité internationale et de l’organisation
de temps forts visant à faire rayonner la solidarité internationale
et l’éducation à la citoyenneté mondiale à
plus grande échelle, tels que le forum La réciprocité
en pratiques ou la Biennale des villes en transition.
Qu’avez-vous retiré de cette expérience
professionnelle récente ?
Cette expérience a débouché sur un contrat à
durée déterminée, au cours duquel j’ai poursuivi
et approfondi des missions de gestion de projet, de coordination multi-acteurs,
de communication et d’animation d’ateliers de sensibilisation.
J’ai ainsi contribué à la valorisation des actions
portées par le collectif d’associations du PSI, au rayonnement
du Pôle de Solidarité Internationale au sein du réseau
des associations d’Education à la Citoyenneté et à
la Solidarité Internationale, ainsi qu’à l’animation
des dynamiques interassociatives. En parallèle, j’ai élaboré
divers supports de communication nécessaires aux actions de sensibilisation
et aux événements organisés.
Quel est votre projet professionnel aujourd’hui
?
Ce parcours, façonné par des expériences au croisement
des secteurs public, associatif et privé, a progressivement dessiné
ce que je souhaite poursuivre aujourd’hui : m’engager au service
de l’intérêt général dans des fonctions
qui conjuguent réflexion et action, où la communication
devient un levier pour relier, faire rayonner et mettre en mouvement.
Aurore LEGOY
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16/02/2026














































































































































































































































































































































































































































































































































